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Poursuivis pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner sur le jeune Fallou Kâ, âgé environ de 24 ans, les trois policiers et l’Asp de la Brigade de recherches du commissariat de Mbacké sont reconnus coupables. Ils sont condamnés à une peine de 2 ans d’emprisonnement ferme et à payer une amende de 2 mil­lions de francs Cfa pour dommages et intérêts.

Les trois policiers Baba Coun­doul, Daouda Ndiaye, Ndongo Kane et l’Agent de sécurité de proximité (Asp) Louis Diouf, qui étaient poursuivis pour «coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner» sur Fallou Kâ, sont reconnus coupables hier par le Tribunal correctionnel de grande instance de Diourbel. Ils sont ainsi condamnés à une peine de deux ans d’emprisonnement ferme et à payer une amande de 2 millions de francs Cfa pour dommages et intérêts. En effet, la sentence du Tribunal est plus lourde que la peine qui était requise par le représentant du ministère public. Ce dernier avait demandé à ce que les inculpés soient reconnus coupables des faits pour lesquels ils étaient poursuivis et de les condamner à une peine de 2 ans de prison dont 8 mois ferme. Lors de l’audience tenue le 3 décembre dernier, le père de la victime Aly Kâ avait demandé la somme de 2 millions de francs Cfa pour dommages et intérêts.
Les faits qui ont valu à ces agents des forces de défense et de sécurité cette lourde punition remontent au 27 avril 2019. La victime aurait été violentée lors de son arrestation par ces agents de la Brigade de recherches du commissariat de Mbacké. Fallou Kâ est mort trois jours après son défèrement au niveau de la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Diourbel. Le jeune Kâ avait rendu l’âme au cours de son évacuation à l’hôpital Heinrich Lübke de Diourbel. Et le certificat de genre de mort a fait état d’une hémorragie interne. Les images jointes dans le dossier attestent de l’ampleur et de la férocité des blessures. Ces dernières étaient visibles au niveau de l’épaule gauche, sur le ventre et sur les fesses. S’y ajoute que le visage était enflé.
Malgré ces preuves accablantes, les inculpés ont annoncé lors de leur interrogatoire avoir déposé la victime bien portante aussi bien au niveau du Commissariat de Mbacké que lors de son défèrement au Tribunal de grande instance de Diourbel.
Devant la barre, les accusés ont nié les faits pour lesquels ils étaient poursuivis. A en croire Baba Coundoul, chef de l’opération, le samedi 27 avril 2019, ils étaient à la poursuite de Fallou Kâ parce qu’un indicateur leur avait signalé que le jeune s’adonnait à un trafic de chanvre indien. «Ce jour-là, aux environs de 20h, on attendait Fallou Kâ sur les lieux où il avait donné rendez-vous à notre indicateur. Il venait à bord d’une moto Djakarta et il s’est mis à conduire plus vite lorsqu’il s’est rendu compte de la présence du véhicule de la police. On l’a poursuivi jusqu’à ce qu’il lâche la moto et nous avions poursuivi la course à pieds. Nous l’avions ramené au commissariat bien portant.» Des déclarations qui seront réitérées par ses co-accusés. Ils ont déclaré avoir trouvé sur Fallou Kâ 250 g de chanvre indien, 23 cornets, une paire de ciseaux et des enveloppes qui lui servaient d’emballage.

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