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Cheikh Fall Séne a comparu vendredi devant la barre de la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Diourbel après 4 ans de détention provisoire. Pour avoir tué Cherif Kâ à la suite d’une bagarre, l’inculpé a été reconnu coupable de meurtre et détention illégale d’arme et condamné à 20 ans de travaux forcés et à une amende de 8 millions de F Cfa.

Tout est parti d’une bagarre entre Cheikh Fall Sène et Cherif Kâ au sortir du bar «Chez Oumy» sis à Bambey. Et le premier a tué le second. Ensuite, les éléments du Commissariat urbain de Bambey ont été informés d’une bagarre opposant deux individus non identifiés sur la voie publique à côté du centre de réinsertion sociale de Bam­bey, le 5 janvier 2015. Arrivés sur les lieux, ces derniers ont trouvé la victime allongée par terre et grièvement blessée avant de la transporter à l’Hôpital régional de Diourbel. L’ordonnance de mise en accusation informe que Cherif Kâ avait succombé à ses blessures deux jours après la bagarre vers 19h 30. Le certificat de genre de mort avait ainsi fait état d’un traumatisme cranio-encéphalique avec obnubilation et une amputation traumatique des poignets. A l’enquête préliminaire, les témoins ont fait savoir que les deux protagonistes étaient en état d’ébriété au point que le barman les avait chassés de son établissement.
Interpellé, le mis en cause a signalé que c’est la victime qui l’avait attaqué par derrière et en premier. «Quand j’ai quitté le Bar bleu, je suis venu au bar Chez Oumy pour me ravitailler encore mais le barman avait refusé de me servir en me disant que j’étais déjà saoul. C’est ainsi que j’ai pris une gorgée du verre appartenant à Cherif Kâ et on a eu une petite altercation. Il m’a infligé deux coups de coupe-coupe et je me suis défendu avec la hache qui est mon outil de travail car je suis sculpteur», a-t-il dit. L’inculpé s’est mis à pleurer devant la barre avant que le président de la Chambre criminelle ne lui rappelle que seul le fait de dire la vérité pouvait le sauver et non le fait de pleurer et encore moins de jurer. «Je n’ai jamais souhaité sa mort», a-t-il ajouté. Le père de la victime, Silèye Kâ, a ainsi demandé 8 millions de F Cfa pour dommages et intérêts, car Cherif Kâ était son seul soutien.
Dans son réquisitoire, le procureur de la République a rappelé que la scène de l’infraction n’avait pas de témoins et que Cheikh Fall Sène et Cherif Kâ étaient tous les deux des adeptes de l’alcool. «Le coupable avait désarmé son adversaire et il n’a présenté aucune blessure manifeste contrairement à la victime qui présente de multiples blessures établies par le certificat de genre de mort», a-t-il souligné. Pour lui, la violence des coups et la nature des armes (coupe-coupe et hache) utilisées montrent que l’accusé avait l’intention de donner la mort. L’Avocat général a requis ainsi 20 ans de travaux forcés après avoir demandé à la chambre de reconnaître M. Sène coupable de meurtre avec détention illégale d’arme. Les avocats de la défense ont à leur tour rappelé à la chambre que la hache était l’outil de travail de l’accusé. «Cheikh Fall Sène se défendait, malheureusement sa riposte a provoqué l’irréparable. Nous sollicitons la disqualification des faits de meurtre en le requalifiant de coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner», a ajouté Me Assane Dioma Ndiaye. Le mis en cause a été condamné à 20 ans de travaux forcés et une amende de 8 millions de F Cfa à verser au père de la victime après avoir été reconnu coupable de meurtre avec détention illégale d’arme.
Correspondante

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