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L’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant est l’objectif n° 1 du Plan national de développement de la santé 2009-2018. Malheureusement, la prise en charge de la santé de la reproduction est insuffisante au Sénégal surtout dans la région de Diourbel où seulement 34% des femmes en âge de reproduction ont achevé en 2016 leurs Consultations prénatales (Cpn). Une situation que l’Association des journalistes en santé et développement veut circonscrire à travers la phase 2 de son projet «Voix pour la santé».

«J’en suis à ma 14ème grossesse. C’est seulement cette fois-ci que je suis venue voir une sage-femme. Je ne connaissais pas les consultations prénatales parce que j’en n’avais jamais fait auparavant», confie Wagne Simbou. Agée de 35 ans, cette femme lessivée par des grossesses rapprochées (un mois après le décès d’un enfant, je tombais encore en état de grossesse) ressemble à une sexagénaire. Anal­phabète, deuxième épouse d’un cultivateur, rencontrée au poste de santé de Ngoye, elle cristallise à elle-seule toute la problématique de l’importance que les décideurs doivent accorder à la planification familiale dans une région où seuls 34% des femmes, en âge de reproduction, ont achevé leurs consultations prénatales (Cpn) en 2016, d’après Adjaratou Fatou Sène, superviseur régional de la santé de la reproduction à la région médicale de Diourbel.
Dans cette partie du département de Bambey, il y a urgence à changer les comportements en faisant de la santé de la reproduction une priorité, car les femmes ne connaissent pas la planification familiale. Le maire de Ngoye, Ely Fall, avance : «Nous sensibiliserons et ferons en sorte que les problèmes évoqués ici puissent trouver des solutions. Faire des causeries au niveau des villages. Je pensais qu’on avait dépassé cela au niveau de la communauté.» Outre cette problématique, il y a le manque notoire de sages-femmes. Dans une collectivité locale, qui compte deux postes de santé pour une population de 54 mille habitants, on ne dénombre qu’une seule sage-femme alors qu’elles devaient être au nombre de 9,  renseigne Wakha Fall Camara, responsable de la santé de la reproduction du district sanitaire de Bambey. Ngoye n’est pas un cas isolé. Et pour cause, la planification familiale reste un sujet tabou dans le Baol où le poids de la tradition, de la religion, des croyances sociales, de l’analphabétisme  font que les femmes rechignent à adopter cette méthode contraceptive. Pour inverser la tendance, l’As­sociation des journalistes en santé, population et développement, à travers la phase 2 de son  projet «Voix pour la santé», prévoit de dérouler un paquet d’activités. Ibrahima Dacosta, journaliste à l’Aps et point focal de ladite association, explique : «La situation est préoccupante mais elle n’est pas critique. Nous allons renverser la tendance par des causeries, des mobilisations sociales, de reportages sur le terrain. Nous allons privilégier les zones où les clignotants sont au rouge. Nous allons le faire avec les professionnels de la santé et les religieux parce que c’est à ce niveau où d’importants efforts de communication devront être faits. Les hommes seront associés parce que nous avons constaté que pour la planification familiale réussisse, il faut que les hommes soient impliqués.»
badiallo@lequotidien.sn

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