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Pour lutter davantage contre la mortalité néonatale, le retard dans les consultations prénatales et l’espacement des naissances, l’Usaid-Neema a initié le concept «Jaap naa ci show». Un concept qui vise à sensibiliser les couples à travers des manifestations folkloriques.

«Jaap naa ci show» est la toute nouvelle approche mise en place par les acteurs de la santé pour inviter les couples sénégalais à recourir précocement au Cpn et à pratiquer l’espacement des naissances. Ce, pour assurer une bonne santé à la mère, mais aussi à l’enfant. Ce concept innovateur, précise le médecin-chef du district sanitaire de Diourbel, consiste à allier l’utile à l’agréable. Dr Moussa Ndiaye s’explique : «L’idée est de communiquer et sensibiliser tout en faisant un show. C’est un projet qui est développé par l’Usaid-Neema.»
A en croire M. Ndiaye, l’expérience a été faite dans d’autres pays, puis au Sénégal depuis l’année dernière dans les districts sud-est comme Kolda et Kédougou. Cette année, poursuit-il, le projet a pris l’initiative d’élargir le concept au niveau des autres régions d’intervention de l’Usaid-Neema. C’est dans ce cadre, souligne-t-il, que le district sanitaire de Diourbel a été choisi pour abriter cette activité. Il indique que «cette activité permet aux gens de mieux comprendre les enjeux de la santé de la mère et de l’enfant et de comprendre comment le recours précoce et l’espacement des naissances peuvent efficacement contribuer à la santé de la mère et de l’enfant».
L’occasion a été aussi saisie par le médecin-chef de district pour revenir sur l’importance du respect des visites prénatales, d’autant plus que le taux de mortalité néonatale est très élevé dans la région de Diourbel. Et Dr Moussa Ndiaye d’ajouter : «Si on prend le district de Diourbel, aujourd’hui, malgré tous les efforts qui ont été faits, on a toujours des problèmes de recours précoce aux Cpn (Consultations prénatales). Sur 100 femmes consultées, plus de la moitié viennent au-delà de trois mois de grossesse. Les gens ne viennent pas au début de leur grossesse. Et plus on se consulte tôt, plus on détecte les complications éventuelles qui peuvent aller avec la grossesse pour qu’on puisse les corriger. Si on se consulte tard, même si on détecte des complications, c’est à un stade où on ne peut faire grand-chose.» D’après lui, c’est la raison pour laquelle ils ont misé sur la communication pour pousser les dames à venir consulter très tôt dès le début de leur grossesse.
De l’avis de Dr Ndiaye, l’autre thème reste l’espacement des naissances qui est un élément qui leur permet d’améliorer la santé de la mère et de l’enfant. «Une mère qui fait des grossesses rapprochées, non seulement sa santé est mise en danger, mais celle de ses enfants est aussi mise en danger parce qu’elle n’a pas le temps de s’occuper correctement d’eux», ajoute-t-il.
Pour sa part, le coordonnateur de l’unité régionale de l’Usaid-Neema à Diourbel a fait savoir que l’Ong accompagne le gouvernement du Sénégal dans le but d’améliorer les prestations de services de santé, mais également les comportements sains au sein de la communauté.
Pour Dr Sidy Amar, le projet a une durée de cinq ans (2016-2021). Il poursuit : «Les acteurs de terrain, notamment les districts sanitaires, les hôpitaux, de même que les partenaires techniques et financiers sont à pied d’œuvre pour réduire la mortalité néonatale, car l’amélioration de son taux est préoccupante au niveau de la région de Diourbel.»
De son côté, l’adjoint au préfet du département de Diourbel, qui présidait la rencontre, a estimé que l’initiative est d’une importance capitale dans la mesure où les femmes rechignent à pratiquer ces mesures. Macodou Sy a ainsi invité les populations, et particulièrement celles vivant en couple, à bien mettre en œuvre les recommandations qui sont faites lorsqu’une femme tombe en état de grossesse. «Nous sommes là pour manifester notre disponibilité à travailler avec eux», a-t-il promis.

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