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Diourbel et Louga constituent l’avant-dernière étape de la tournée nationale que le syndicat national des travailleurs des industries des corps gras a entamée depuis le 23 avril passé. A Diourbel, Samuel Ndour et ses camarades ont constaté un manque de moyens financiers et matériels avant de dire  leur farouche opposition à toute reprivatisation imminente de la Sonacos, parce que pour eux, si la reprivatisation se faisait, cela ne peut pas aller loin.

La Sonacos n’est pas liquide. Elle est déficitaire, elle n’a plus de capital. La révélation a été faite hier à Diourbel par Samuel Ndour, Secrétaire général national du syndicat des corps gras du Sénégal. Face à la presse, Samuel Ndour dira : «La société n’a plus de capital. Elle est déficitaire avec des dizaines de milliards. Le déficit, on était à moins de 39 milliards en 2016.» Interpellé sur la reprivatisation de la société dont certaines sources disent qu’elle est imminente (elles avancent le mois de juin), Samuel Ndour répond : «Nous ne voulons pas entendre parler de reprivatisation pour le moment. La raison, c’est que la société est en très mauvais état et il faudra quand même la retaper, la redresser, la remettre sur les rails avant de la reprivatiser. Sinon, quelqu’un d’autre qui vient aujourd’hui, peut ne pas prendre l’ensemble du groupe en compte, mais aussi peut ne pas avoir les moyens réels de redresser la société comme il se doit. Et dans ce cas, il sera obligé dans un an ou bien dans deux ans au maximum de jeter l’éponge et de laisser les travailleurs dans le désarroi. Nous voulons que l’Etat qui a déjà la société entre ses mains puisse d’abord la relever, la rendre belle avant de la revendre. Nous ne sommes pas contre la reprivatisation, parce que le Sénégal a déjà signé les conventions avec les institutions de Bretton woods et le secteur marchand du Sénégal doit être privatisé et nous savons que la Sonacos doit être privatisée normalement, parce que nous faisons partie de ce secteur. Mais, dans l’état actuel où elle est, ce n’est pas possible. Il faut que l’Etat la prenne d’abord en charge, la relance. Les installations sont vétustes. Ce n’est pas 50 milliards, 75 milliards, 100 milliards qui peuvent remettre à pied la Sonacos. Nous ne voulons pas de reprivatisation tout de suite à cause de la situation très lourde de la société.» Pour le syndicaliste, «il faut que l’Etat s’en occupe d’abord avant de reprivatiser et nous voulons un délai de trois à quatre années voire 5 années avant de reprivatiser…».    A sa suite, Thiembaye Ndiaye, Secrétaire général adjoint du syndicat, section Diourbel, est revenu sur la situation de l’usine de Diourbel : «Des ateliers n’ont pas encore rouvert leurs portes et redémarré leurs activités. Il faut des investissements pour la javellerie, Setuna  et la vinaigrerie. L’usine a besoin aussi de camions. Nous ne sommes pas à jour au niveau des institutions de prévoyance sociales. La société doit environ 100 millions à la Caisse de sécurité sociale.»  Sur le fonds de restructuration, il précise : «La société attend 100 000 euros, soit environ 65 milliards de francs Cfa que Locafrique propose de prêter pour des différés de plusieurs années. Ce qui permettra de relancer certaines usines. Si l’Etat accepte, la vente des terres de Dakar n’aura plus lieu.  Cette option semble pour nous être plus intéressante que de vendre 4,6 ha pour 26 milliards de francs Cfa. On demande à l’Etat, qui doit se porter garant pour la libération de ces fonds, de faire vite, parce qu’on a constaté des lenteurs.»
badiallo@lequotidien.sn

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