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La Pharmacie nationale d’approvisionnement (Pna) est en train de moderniser son système de distribution pour éviter la rupture de certains consommables et des médicaments.

Les pays en développement vivent une situation sanitaire de plus en plus précaire et bénéficient encore des prestations de santé de piètre qualité. Si des facteurs d’ordre géographique, environnemental et économique (sécheresses ou inondations, faibles revenus économiques, surpopulation, chute des cours des produits à l’exportation, crise financière mondiale,…) expliquent en partie cette situation, d’autres raisons interviennent, impliquant la responsabilité des gouvernements mais aussi des gestionnaires des structures de santé. Le Sénégal, à l’instar des autres pays en voie de développement, a souscrit à l’initiative de Bamako et s’est engagé, à travers sa Politique pharmaceutique nationale, à garantir la disponibilité et l’accessibilité des médicaments essentiels à toute la population, ainsi que la bonne qualité des produits pharmaceutiques. Ces dernières années, force est de constater que les ruptures de stocks ont été fréquentes. Pour remédier à cette situation, la Pharmacie nationale d’approvisionnement (Pna) veut que la non-accessibilité aussi bien financière que géographique des produits soit un vieux souvenir.
La structure a initié un atelier qui a réuni à Diourbel tous les 11 responsables des Pharmacies régionales d’approvisionnement (Pra). Dr Lamtoro Mamadou Seck,  pharmacien-logisticien, en charge du service de distribution de la Pna,  revient sur les raisons de cette rencontre : «La vison de la direction, c’est d’avoir des réunions de coordination tournantes. Les participants sont les pharmaciens, chefs des Pra (Pharmacie régionale d’approvisionnement). Nous en avons  11 à travers tout le pays. C’est un atelier d’harmonisation sur la mise en œuvre du  Yeek sina et la mise en place du nouveau service de distribution qui a été érigé à la Pna, la semaine passée.»  Et le chargé du service de distribution d’expliquer : «Le nouveau schéma émane de la performation de la chaine d’approvisionnement qui existe depuis plus de 5 années. En 2010, il y avait la distribution des vaccins au niveau de Saint-Louis, une initiative financée par l’Oms à travers Pf. Cette distribution a quitté la Pra avec des entrepôts mobiles pour assurer la distribution de tous les vaccins et consommables dans les 114 Pps que compte la région de Saint-Louis.» Il poursuit : «Chemin faisant, à partir de 2011, il y a eu le projet  Apim, qui est calqué sur le même modèle que la distribution des vaccins avec Mas. Dans la stratégie de la Pna, on a une vision de mettre en place un approvisionnement régulier, qui a été annoncé dans le plan stratégique. Le constat qui a été fait  a été traduit par le Yeek sina et le diégue sina. Il y a des opérateurs  privés qui sont les nouveaux acteurs qui assurent la distribution vers les postes de santé où le patient vient enlever le produit.»
Cette rencontre a permis de lever certains goulots d’étranglement. Dr Seck confie : «L’évaluation de la chaine d’approvisionnement réalisée en 2005, 2008, 2010 et 2014, et ce sont les mêmes problèmes qu’on a eu à noter et techniquement, c’était un déficit d’argent parce que lorsqu’on a mis l’initiative de Bamako, chaque structure devait venir acheter et revendre les médicaments moyennant une marge. Mais des fois, un poste de santé n’avait pas assez d’argent pour venir acheter des produits  au niveau du district sanitaire. Mais aussi, le district sanitaire n’avait pas assez de produits pour venir acheter des quantités suffisantes au niveau de la Pra. Pour éliminer la contrainte liée à l’argent, c’est le système de dépôt-vente qu’on fait. Vous n’êtes pas sans savoir qu’au niveau des postes de santé, il y a de nouvelles ambulances. Ce n’est pas la logistique adaptée pour venir enlever les produits au niveau des districts ou des Pra. C’est la raison pour laquelle, on a eu des problèmes liés des moyens logistiques. C’est pourquoi la Pna laissait les médicaments là où vous êtes, on amène les produits par un circuit adapté. La distribution est assurée de la Pra au district sanitaire et du district sanitaire au poste de santé par d’autres moyens logistiques et on a dans ce cas contractualisé avec des opérateurs privés.» Ce nouveau système, selon Dr Lamtoro Seck, permet «de bien planifier pour avoir l’équilibre en collectant toutes les données. La ressource humaine qui manquait dans le système est comblé par la Pna, qui dispose d’une stratégie mobile assurant la distribution des produits vers le centre de santé et les postes de santé».

badiallo@lequotidien.sn

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