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Les membres de l’Intersyndicale de l’hôpital Heinrich Lübke de Diourbel ont tenu hier un sit-in pour réclamer le payement de leurs motivations de décembre qui s’élèveraient à plus de 59 millions F Cfa.

La direction de l’hôpital Heinrich Lübke de Diourbel et les membres de l’intersyndicale de l’établissement ne parlent plus le même langage. Ces derniers ont exprimé leur colère devant l’établissement hier, entre 9h et 13h, pour exiger le payement des motivations de décembre en une seule tranche. Le représentant de l’intersyndicale, Matar Ndiaye, explique : «Depuis vendredi dernier, la commission paritaire a été convoquée et on avait dit en même temps qu’il y avait un montant de 59 millions 840 mille F Cfa, concernant les kits de césarienne, qui devraient être couplés à la recette de l’hôpital du mois de décembre. A notre grande surprise, la direction a proposé que ces motivations soient fragmentées et payées en trois mois.» C’est ainsi, selon M. Ndiaye, que les syndicalistes à la base ont demandé à ce que cette somme leur soit payée en une seule tranche. «Un souhait, dit-il, qui ne sera pas partagé par la direction de l’hôpital. Hier (lundi), nous avons convoqué cette même commission en présence du directeur qui a toujours campé sur sa décision de payer ces motivations en trois tranches. Et on lui a notifié que l’ensemble de l’Intersyndicale n’est pas d’accord avec lui.» A l’en croire, si la direction reste sur sa position, «nous allons continuer à manifester jusqu’à ce que cela soit l’objet d’une plateforme revendicative. On ira jusqu’au bout», lâche-t-il. Par rapport à la prise en charge des malades, M. Ndiaye précise : «Seules les urgences seront gérées parce que nous sommes légalistes. Mais les malades ambulatoires ne seront pas pris en charge. Nous leur demanderons de rentrer jusqu’à ce que la situation se décante.»

Patients et accompagnants s’en mêlent
Cette situation provoque aussi la colère des patients et de leurs accompagnants. «Ils doivent soigner les malades. C’est inadmissible de laisser les malades dans cet état. C’est anormal. Nous exigeons que ces professionnels de la santé soient payés pour que la prise en charge de nos patients soit assurée», appuie une dame, âgée d’une quarantaine d’années, qui tenait son fils, privé de soins, à la main. Astou Amar s’en désole aussi : «Je suis venue ce matin (hier) pour une consultation et j’ai trouvé l’hôpital dans un état critique. Les malades ont déjà acheté leurs tickets et ils ne peuvent pas consulter. Pis, plus de cinq personnes sont là pour prendre les corps sans vie de leurs proches après avoir fourni tous les papiers demandés.» Mme Amar dénonce en outre la tension permanente qui règne dans cet hôpital rongé par des grèves répétitives. «Nous sommes vraiment fatigués de cette situation. Nous demandons à l’Admi­nistration de les payer. Le directeur a donné sa parole, mais si rien n’est fait, ils verront pire que ça. Ils ne servent plus de dîner aux malades. Pourquoi cela, alors qu’on achète les tickets au moins à 2 500 F Cfa ?», s’indigne-t-elle.

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