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Le sous-préfet de l’arrondissement de Ndoulo a conduit une tournée de deux jours dans les communes de Ngohé, Tocky Gare, Pattar, Touré Mbonde et Ndoulo. Une occasion pour l’autorité administrative de saluer les travaux des grands producteurs de sa circonscription, malgré l’absence de gros moyens.

Ngohé, première étape de la tournée agricole du sous-préfet de Ndoulo. La délégation a démarré la visite au champ d’arachide du vieux Mbath Ndiaye dans le village de Lagnar. Le champ s’étend à perte de vue. Alors que le vieux Ndiaye ne compte que sur ses chevaux et l’aide du voisinage pour exploiter ses nombreuses variétés de culture. «Si j’avais des moyens, je ne serais pas à ce stade», a-t-il confié au sous-préfet. Après cette étape, la délégation s’est rendue dans les champs de Serigne Moustapha Lakram Mbacké à Afia, dans la commune de Tocky Gare, puis à Darou Salam, dans l’arrondissement de Ouadiour, dans le département de Gossas, où plusieurs variétés de culture sont en train d’être développées. Ce marabout a été le premier producteur de sésame au Sénégal. Informant qu’il cultive aujourd’hui, des centaines d’hectares de sésame, le guide religieux rappelle qu’il avait démarré avec un kilogramme vers 1974. «Je cultive du mil, du niébé, de l’oseille, de l’arachide avec la variété 55 à cycle court qui est plus adaptée au sol, du gombo, de la pastèque et autres spéculations», précise-t-il. Selon lui, ses résultats sont le fruit d’une volonté, d’un engagement et d’un amour du métier, d’autant plus que l’avenir du Sénégal doit reposer sur l’agriculture. A Afia où se trouve l’une des plus grandes exploitations du département, voire de la région, le guide religieux a présenté à la délégation, un champ de sésame qui s’étend sur environ 200 hectares et une petite portion de terre où il est en train d’expérimenter une nouvelle variété de mil. Visiblement épris d’activités agricoles, le marabout-producteur a fait savoir qu’il ne se fixe pas de limite dans sa passion.
Arrivés à Darou Salam, Serigne Moustahapha Abdou Lakram a signalé qu’il a aménagé environ 400 hectares, le 25 mai 2015, avec un bassin de rétention pour augmenter ses productions tout en expérimentant de nouvelles cultures dont le maïs, le gombo, la pastèque et le sésame. Aussi, l’un des plus grands producteurs du Baol a confié au sous-préfet qu’il fait aussi de la culture fourragère pour l’alimentation du bétail. Sans compter, précise-t-il, le fait qu’il fait de la jachère pour fertiliser le sol, mais aussi créer de l’engrais bio. M. Lakram renseigne par ailleurs que pour un bon déroulement de ses activités et une augmentation des rendements, il n’hésite pas de faire de gros investissements. Ainsi, le marabout a acheté 8 tracteurs pour plus de 200 millions de francs Cfa, des centaines de chevaux et embauché une main d’œuvre suffisante, afin d’arriver à satisfaire ses ambitions.
A la suite de la visite des exploitations du marabout-cultivateur, le sous-préfet a fait un tour dans celles de Serigne Abdoulaye Diop. Et, c’est le fils aîné de ce dernier qui conduira la délégation dans quelques champs de la famille. Serigne Bassirou Diop est d’avis que son père est le plus grand producteur de la localité après Serigne Moustapha Abdou Lakram Mbacké. «Nous cultivons 92 hectares pour différentes cultures et employons plus de 10 saisonniers à raison de 250 000 francs Cfa chacun», a-t-il dit.

Plaidoyer pour l’accompagnement des producteurs
Au terme de sa tournée, le sous-préfet de Ndoulo, Mouhamadou Sow, a exprimé sa satisfaction. A l’en croire, ce qu’il a vu dans les champs de ces producteurs très connus est rassurant. «C’est un sentiment de satisfaction qui me nourrit, parce qu’on peut dire que l’hivernage a tenu ses promesses et ce que nous avons vu est rassurant. Il y a lieu d’espérer des lendemains meilleurs à l’issue de cet hivernage. Ce qui me semble être plus important, c’est la volonté, l’engagement, la détermination et l’amour de ces populations par rapport à ces champs», assure l’autorité administrative. Qui considère que malgré le manque de moyens, ces producteurs ont emblavé de grandes surfaces. «Nous avons visité les champs de Mbath Ndiaye et Serigne Abdoulaye Diop qui s’étendent à perte de vue et qui sont aussi nombreux que variés. Mais, ils l’ont réussi sans gros moyens. C’est dire qu’à la base, les moyens devraient être un apport», a souligné le sous-préfet. En ce sens, M. Sow a ajouté que c’est le moment de porter le plaidoyer car ce sont des gens que l’Etat doit accompagner en les appuyant à travers la motorisation de l’agriculture. Toutefois, estime le sous-préfet, «il y a lieu de se départir de cette agriculture un peu traditionnelle, en faisant de l’agro-business. Car, les potentialités sont là, mais faudrait-il les accompagner avec les moyens et pas n’importe quels moyens, par exemple un apport en tracteurs, entre autres».

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