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Le sel iodé fait partie des micronutriments. S’il y a carence en iode, il y a des conséquences néfastes. La femme peut faire des avortements. Au Sénégal, les zones non productrices de sel consomment plus le sel iodé que les autres.

Le sel iodé est un sel de table mélangé avec une faible quantité d’iode de façon à diminuer les risques de carence en iode, source de problèmes thyroïdiens. Au Sénégal, le constat est qu’au niveau des zones productrices, le sel iodé n’est pas consommé. La révélation a été faite à Diourbel lors de la réunion de suivi des interventions de la Cellule de lutte contre la malnutrition. Ibrahima Gaye, commissaire aux enquêtes économiques, en service au bureau régional de la cellule de lutte contre la malnutrition Thiès-Diourbel, explique : «Au niveau des zones rurales productrices du sel iodé, seuls 10% des ménages le consomment. C’est une enquête nationale et elle est stratifiée. Les données au niveau régional n’existent pas par rapport à cette enquête. Ce qui pose problème, c’est la prise de conscience pour agir. Les ménages de la zone rurale productrice connaissent l’importance du sel iodé, mais ne le consomment pas. C’est un paradoxe. La carence en iode touche 30,9% des femmes enceintes et 28,3% des femmes en âge de reproduction. Plus le taux de consommation est faible plus la carence en iode est élevée.» A sa suite, Dr Néné Hawa Sy, responsable Bureau exécutif régional de la Cellule de lutte contre la malnutrition, renchérit : «Il s’agissait de partager d’une part sur le projet iodation du sel au Sénégal. Comme vous le savez, il y avait  une enquête qui a été menée par rapport à la consommation du sel iodé au Sénégal. Les résultats montrent que paradoxalement c’est dans les zones de production où le niveau de consommation de sel adéquatement iodé est plus faible. C’est une enquête nationale. Les résultats ne sont pas désagrégés au niveau régional. Il faut prévoir des actions concrètes contre ces carences. Il est prévu de développer l’Initiative accessibilité sel iodé. Les Ocb seront dotées de sel adéquatement iodé au niveau communautaire.» Pour pallier ces manquements, la Cellule de lutte contre la malnutrition prévoit des activités de sensibilisation dans ces zones. Dr Néné Hawa Sy ajoute : «L’objectif étant d’arriver à ce que 90% des ménages du Sénégal consomment du sel adéquatement iodé, il faudrait que l’on mène beaucoup d’activités de communication, de sensibilisation, surtout par rapport à la conservation du sel parce que l’iode est volatile. Il faut aussi qu’on mène beaucoup d’actions de contrôle qualité. La malnutrition aiguë globale ne dépasse pas 5%.»
S’exprimant sur la malnutrition, Dr Néné Hawa Sy confie : «La malnutrition aiguë globale a connu une hausse entre 2014 et 2016. On était à 6%. Maintenant, c’est 8% au plan national et 10% au niveau régional. L’anémie dépasse des seuils de 60% : c’est une problématique dans l’ensemble du pays. La mobilisation sociale et les émissions de radio en faveur de la nutrition n’ont pas été effectuées. Il y a aussi une léthargie dans la mise en place des greniers de l’enfant. Sur les 40 collectivités locales, aucune n’a participé depuis 2003 aux activités de la lutte contre la malnutrition communautaire. Elles avaient pris l’engagement d’affecter des budgets, mais à ce jour elles n’ont rien respecté. En termes de participation des collectivités locales, on leur demande de s’impliquer davantage, d’être plus responsables de leurs projets. Qu’elles affectent un budget et qu’elles intègrent en amont la malnutrition dans les documents de planification. C’est timide à Diourbel.» Et Mbaye Diakhaté, adjoint au maire de Diourbel, chargé de la Santé et de l’environnement, conclut : «Le projet est bien, mais évaluez le partage avec les collectivités territoriales. Par rapport aux activités de plaidoyer, nous ne sommes pas associés.»
badiallo@lequotidien.sn

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