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«Outrage à la conscience humaine», «catastrophe», «horreurs inimaginables» : le Haut-Commissaire de l’Onu aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a vivement dénoncé hier la coopération «inhumaine» de l’Union européenne avec la Libye pour endiguer le flux de migrants.

Après plusieurs Ong et organisations internationales, c’est désormais au tour de l’Onu de dénoncer la politique migratoire européenne en Libye. «La Communauté internationale ne peut pas continuer à fermer les yeux sur les horreurs inimaginables endurées par les mi­grants en Libye, et prétendre que la situation ne peut être réglée qu’en améliorant les conditions de détention», a dé­claré mardi 14 novembre le Haut-Commissaire de l’Onu aux droits de l’Homme,  Zeid Ra’ad Al Hussein.
«La politique de l’Ue consistant à aider les garde-côtes libyens à intercepter et renvoyer les migrants (est) inhumaine», a-t-il ajouté. «La souffrance des migrants détenus en Libye est un outrage à la conscience de l’humanité», écrit Zeid Ra’ad Al Hussein dans ce même communiqué, estimant que la situation est devenue «catastrophique».

Inefficacité de la
politique européenne
Zeid Ra’ad Al Hussein a également vilipendé l’inaction de l’Europe pour lutter contre les abus subis par les migrants. «Les interventions croissantes de l’Ue et de ses Etats membres n’ont jusqu’à présent pas servi à réduire le nombre d’abus subis par les migrants», a dénoncé le Haut-Commissaire de l’Onu aux droits de l’Homme.
Les exactions commises à l’encontre de ces milliers d’hommes, femmes et enfants, sont pourtant connues et documentées. Quel­ques semaines avant l’avertissement de l’Onu, l’Ong Médecins sans frontières (Msf) avait déjà dénoncé les conditions infernales dans les «centres officiels de détention» en Libye, où s’entassent les migrants interceptés par les garde-côtes libyens, dans des pièces surpeuplées, sales, et sans ventilation. L’action européenne en Libye «alimente un système criminel», avait alors affirmé Msf.
Malgré ces coups de semonce et ces nombreux appels à changer de politique, la situation ne semble pas s’améliorer. «Notre système de surveillance montre en fait une détérioration rapide de leur situation en Libye», a souligné mardi le représentant de l’Onu, précisant que des «observateurs des droits de l’Hom­me» s’étaient rendus dé­but novembre à Tripoli pour visiter des centres de détention et s’entretenir avec les migrants détenus.
«Les observateurs ont été choqués par ce qu’ils ont vu : des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants émaciés et traumatisés, empilés les uns sur les autres, enfermés dans des hangars (…) et dépouillés de leur dignité», explique-t-il. Reste à savoir si cet énième appel fera cette fois fléchir l’Ue.
jeuneafrique.com

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