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Après la mission de haut niveau conduite par Ellen Johnson-Sirleaf qui n’a pas réussi à convaincre Yahya Jammeh de reconsidérer sa position de rester au pouvoir, la Cedeao tient ce samedi à Abuja un sommet sur la crise politique en Gambie. En attendant l’option militaire, des sanctions économiques et diplomatiques devraient être affinées.  Le ton a été donné par le Conseil de médiation et de sécurité de la Cedeao qui se réunit dans la capitale nigériane.

Il y aura 14 chefs d’Etats de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) à Abuja ce samedi pour trouver une issue à la transition en Gambie qui a déraillé. Yahya Jammeh, qui garde le pouvoir encore sans entrave dans son enclave, sera l’absent le plus présent dans la capitale nigériane lors de ce sommet. Le menu est connu de tous : Ils vont discuter de la situation politique sabordée par le natif de Kanilai, qui a décidé de refuser le verdict des urnes. Cette crise le replace au cœur de l’agenda de la Cedeao qui tient à faire respecter la décision des électeurs qui ont décidé de porter Adama Barrow au pouvoir. Même si le séjour en Gambie de la délégation de l‘organe d’intégration n’a pas réussi à faire abdiquer Jammeh.
Aujourd’hui, la Conférence des chefs d’Etat va affiner sa stratégie pour le sortir de State house où il a ses habitudes depuis 22 ans. Bien que l’usage de la force soit agitée, il est très probable que les dirigeants franchissent la frontière gambienne, avec des tanker, d’ici le 18 janvier 2017, qui marque officiellement la fin de la transition.  En attendant cette option, des mesures de rétorsion économique et politique devraient être annoncées pour dégonfler Yahya Jammeh. Dans la continuité de la première déclaration officielle de Dakar sur la volte-face de Jammeh, Macky Sall montrera son intransigeance sur son départ surtout que le Sénégal sera l’unique pays à supporter les effets collatéraux d’une crise qui se prolongerait en Gambie.

L’Onu maintient sa pression sur Jammeh
Le terrain a été déjà déminé par les ministres des Affaires étrangères de l’espace sous-régional. Lesquels se réunissent  à Abuja depuis le 14 décembre date de la 37ème session ordinaire du Conseil de médiation et de sécurité de la Cedeao, qui prépare la rencontre des chefs d’Etat. La patronne de la diplomatie libérienne Mme Marjon V. Kamara, qui préside le Conseil, ne s’est pas embarassée de formules diplomatiques pour s’exprimer sur la crise politique actuelle en Gambie, née du revirement du Président Yahya Jammeh, qui a rejeté les résultats du scrutin présidentiel du 1er décembre 2016 remporté par l’opposition. Alors qu’il les avait acceptés auparavant. Même si elle espère une résolution pacifique de la crise.  «La délégation régionale de haut-niveau, conduite par la présidente du Liberia et présidente en exercice de la Cedeao, Mme Ellen John­son-Sirleaf, et composée des présidents nigérian, Mu­ham­­madu Buhari, sierra léonais, Dr Ernest Bai Koroma, et ghanéen, John Dramani Mahama, trouvera une stratégie pour résoudre cette situation politique en Gambie», avance Mme Kamara sur le site de la Cedeao.
La sortie du président de la Commission de la Cedeao, Marcel de Souza, a la même tonalité que ses précédents discours. Il a invité le Cms à envo­yer un signal fort en direction des autorités de ce pays, afin qu’elles respectent le choix du Peuple et le transfert pacifique du pouvoir au président déclaré élu.
Par ailleurs, la communauté internationale travaille aussi dans le sens de réaliser ce souhait de la Cedeao. Hier, les membres du Conseil de Sécurité ont été briefés par le sous-secrétaire général Feltman sur les derniers développements en Gambie. Dans un communiqué, ils expriment leurs sérieuses préoccupations concernant l’envahissement des locaux de la Com­mission électorale Indépen­dante (Eic) par les militaires et leur demandent instamment d’évacuer immédiatement ces locaux et d’éviter toute interférence dans le processus de transfert pacifique du pouvoir.
Dans le même sillage, le Conseil de sécurité continue de demander à Jammeh de coopérer pour assurer une transition pacifique et ordonnée du pouvoir en mettant en garde «les forces de sécurité» en leur demandant de «faire preuve de maximum de retenue et de s’abstenir de toute forme violence» et d’assurer la sécurité du Président élu Adama Barrow.
Ces appels tombent jusqu’ici dans les oreilles d’un sourd, qui a décidé de rester au pouvoir en dépit de la pression de la communauté internationale. Il reste droit dans ses bottes comme le jeune capitaine de 1994 qui a ramassé le pouvoir dans la rue.
bsakho@lequotidien.sn

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