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Les notaires sans charge issus de la promotion 2013 sont en ordre de bataille. Quatre d’entre eux ont été arrêtés pour avoir tenu un sit-in sans autorisation à l’entrée du secrétariat général du gouvernement avant d’être libérés.

Les jeunes notaires issus de la promotion 2013, «les seuls à embrasser cette profession par voie de concours», sont en grève. Hier à l’issue de leur conférence de presse, ils ont assiégé le secrétariat général du gouvernement sans autorisation. La police s’en est mêlée et a cueilli quatre d’entre eux pour les conduire au commissariat du Plateau, où ils ont passé quelques heures avant d’être libérés dans l’après-midi. «Nous avons reçu des autorités et des promesses d’autorités. Mais puisque ces gens n’ont pas de parole, nous sommes déterminés à continuer notre combat. Ce que nous voulons, c’est la sortie de ce décret et notre nomination», a fait savoir le coordonnateur du Collectif des notaires sans charge, joint après sa libération.
Constitués en collectif, les jeunes notaires, qui attendent depuis trois ans leur titularisation dans une étude, dénonçaient leur situation et envisagent d’investir la devanture du Palais présidentiel demain. Aussi prévoient-ils de brûler sur les lieux leurs diplômes qui, regrettent-ils, «ne leur servent à rien», mais aussi de tout faire pour empêcher la rencontre entre leurs aînés et la presse prévue jeudi prochain. Voix pleine d’amertume, visage sombre, le coordonnateur du collectif, El Hadji Mansour Diop, avait déclaré dans un ton ferme lors du face-à-face avec la presse : «Ce que nous attendons du chef de l’Etat, c’est qu’il signe enfin ce décret qui permet à chacun d’entre nous d’exploiter le cabinet avec la délégation du sceau de l’Etat. Nous voulons la nomination ou la mort. Et s’ils veulent nous sacrifier, ils n’ont qu’à le faire, mais à visage découvert.» Le courroux de El Hadji Mansour Diop et ses camarades s’explique par la déception suite à la promesse non tenue des autorités, «un revirement spectaculaire de situation, un désespoir et un rêve de carrière brutalement brisé». «A l’issue de notre concours, nous avons subi 36 mois de stage dans des cabinets où on ne voulait pas de nous, mais nous avons tenu bon dans des conditions très difficiles. Depuis la fin de nos stages, nous attendons la sortie d’un décret présidentiel qui devait créer 32 charges de notaire et des nominations. Mais à notre grande surprise, un projet de décret du ministère de la Justice n’a créé que 7 nouvelles charges», a expliqué Me Diop, notaire sans charge. Lesquelles ont été drastiquement baissées. A les en croire, rien ne peut expliquer la réduction de 32 à 7 études de notaire si «ce ne sont des enjeux financiers». «Le ministre de la Justice avait promis de créer 32 charges de notaire avec des compétences nationales pour permettre aux notaires évoluant dans les régions de vivre décemment. Et subitement, il dit qu’on doit subir un concours. Ce n’est pas possible et il n’y a aucune contrainte objective qui fait qu’on ne peut créer autant de charges que de postulants, car ce n’est pas l’Etat qui paie les notaires. Aussi, le notariat n’implique pas le départ à la retraite des notaires», a développé Me Diop. D’après lui, le notaire gagne au minimum 20 millions F Cfa par mois. «Par un simple acte, il peut gagner 500 millions. C’est ce qui fait que les anciens ne veulent pas qu’on entre dans cette profession», dévoile-t-il.
ksonko@lequotidien.sn

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