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Présidant l’ouverture du Forum international sur la paix et la sécurité en Afrique, le Président Macky Sall a prononcé un discours musclé à l’égard des terroristes dont leur idéologie «n’a rien à voir avec l’islam». Le Président sénégalais prône une éducation spirituelle et un renforcement des capacités de riposte pour juguler le terrorisme.

Le terrorisme est un sujet qui passionne Macky Sall. Un an après avoir annoncé son opposition au «voile intégral» lors de la 2ème édition du Forum international sur la paix et la sécurité, le Président sénégalais s’est payé les islamistes lors de l’ouverture de 3ème édition. Le ton à la fois hargneux et rangeux, le chef de l’Etat debout devant le pupitre du Centre international de conférence Abdou Diouf de Diamniadio (Cicad) s’est mué en islamologue pour faire la leçon aux terroristes. D’après lui, «l’extrémisme n’a aucune place dans l’islam qui se définit comme une religion du juste milieu». Aux propos du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui soutient que «les armes peuvent détruire le matériel ou les structures d’un mouvement terroriste, mais l’idéologie est plus difficile à combattre», le chef de l’Etat esquisse une panacée. «La lutte contre l’extrémisme incite aussi et surtout à une éducation, une formation spirituelle qui déconstruisent les rhétoriques et les manipulations dont la jeunesse est la proie la plus facile», préconise Macky Sall.
Citant l’ouvrage du Pr Sou­ley­mane Bachir Diagne Comment philosopher en islam ?, le dirigeant sénégalais souligne que dans la continuité du monothéisme, l’islam «fait corps avec la raison et ne peut s’accorder d’une paresse intellectuelle qui installe l’obscurantisme et les positions extrêmes». Selon M. Sall, en islam la parole divine «a toujours cohabité avec la raison discursive et le libre arbitre». Après le cours, place à la réponse militaire que les armées africaines doivent adopter face aux islamistes. Alors, le président de la République préconise un renforcement «des capacités de riposte» des forces de défense et de sécurité. Il reconnaît que les armées africaines ne «sont pas au point». Sous le regard de Ousmane Tanor Dieng et de Moustapha Niasse, deux anciens barons du régime socialiste, Macky Sall regrette les plans d’ajustement structurels imposés par le Fmi à des Etats africains.

16 opérations de maintien de la paix dans le monde dont 9 en Afrique
«L’Afrique a connu une séquence d’ajustement structurel qui interdisait tout équipement dans le domaine de la défense. Aujourd’hui, les Etats doivent faire des efforts internes pour mettre à niveau cet outil de défense. Cela incombe à chaque pays. L’effort de la mise à niveau de l’outil de défense et de sécurité c’est l’équipement, mais aussi c’est de mettre l’accent sur les hommes et naturellement sur les capacités d’entraînement. Je pense que tout le monde y gagnera et en Afrique on pourra mettre suffisamment de ressources à la disposition des Nations unies, de l’Union africaine ou des communautés régionales», prône-t-il, invitant ses pairs africains à investir dans l’éducation, la formation et l’emploi des jeunes.
Aujourd’hui, l’Afrique a besoin de moyens pour faire face aux défis sécuritaires qui sapent son développement. A titre illustratif, sur les 16 opérations de maintien de la paix de l’Onu, 9 se trouvent dans le continent noir. «On a besoin de partenaires», supplie Macky Sall. L’Union européenne a entendu l’appel. «L’Europe consacre 20 milliards d’euros à l’aide pour l’Afrique», jure Federica Mogherini, haute représentante de l’Ue pour les Affaires étrangères et la sécurité.

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