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Réélu le 24 février dernier, Macky Sall a entamé hier son second et dernier mandat pour 5 ans. Il a prêté serment à Diamniadio devant le Conseil constitutionnel.

Un silence de cathédrale prend le relais des notes berçantes de kora qui accompagnaient l’assistance de la Salle des expositions de Diamniadio. Regard attentif depuis sa loge, Mgr Benjamin Ndiaye n’est pas dépaysé dans cette ambiance digne d’une messe. Mais une fois n’est pas coutume, le chef de l’Eglise sénégalaise ne dirige pas l’office. C’est parce qu’il y a un «Pape» et qui ne s’appelle pas François comme l’actuel locataire du Vatican. Visage ferme, le verbe articulé à la dimension de la solennité requise par cette cérémonie de prestation de serment, Pape Oumar Sakho demande à Ndiaw Diouf et Mame Bousso Diao Fall de conduire le Président Macky Sall devant le prétoire. Devant ces 18 chefs d’Etat africains assis à la première loge, le Président élu ajuste ses pas et avale les quelques mètres de tapis rouge dressé en la circonstance. Sa mine attentionnée se noie dans un costume bleu de nuit assorti d’une chemise blanche. Cravate soigneusement enveloppée au cou, Macky Sall prend place en face des 7 «Sages».
Il perce d’un regard franc le président du Conseil constitutionnel. Qui lui demande de se lever et de prêter serment. «Devant Dieu et devant la Nation sénégalaise, je jure de remplir fidèlement la charge de président de la République du Sénégal, d’observer comme de faire observer scrupuleusement les dispositions de la Cons­titution et des lois, de consacrer toutes mes forces à défendre les institutions constitutionnelles, l’intégrité territoriale et l’indépendance nationale, de ne ménager enfin aucun effort pour la réalisation de l’unité africaine», s’est engagé hier Macky Sall pour marquer le début de son quinquennat.

Couacs émergents
A Diamniadio, ville chère au régime du 25 mars 2012, le plateau de la Salle des expositions a pris les atours d’une juridiction. Les insignes intimes à dame justice exposés, 7 chaises en bois et tapissées en blanc pour accueillir les membres du Conseil constitutionnel. Devant cet emplacement mini circulaire aux habits du prétoire de la Cour suprême, trône un siège et un pupitre pour le serment du Président élu. Une lumière lumineuse distillant les couleurs du drapeau national donne une dimension assez solennelle à la cérémonie. Dans les couloirs, les milliers d’invités rivalisent en beauté concernant la tenue vestimentaire. Costu­mes et basins Getzner enveloppent les corps, rehaussent la teneur de la cérémonie.
Dans cet endroit assez obscur, les quelques projecteurs braquent leurs rayons lumineux sur l’heureux élu, Macky Sall, qui a foulé ces lieux qui jouxtent le Centre international de conférence Abdou Diouf de Diam­niadio (Cicad) à 10h 45. Mais les choses ont pris du temps. Trop de temps même. L’absence de Bruno Diatta, l’emblématique chef du protocole de la Présidence décédé en septembre dernier, s’est peut-être fait sentir. Dans son allocution post-serment, le chef de l’Etat a appelé l’Administration à rompre avec certaines pratiques rappelant les principes de ponctualité. L’af­faire semble mal partie parce qu’une cérémonie appelée à durer moins de 30 minutes, a traîné pour atteindre une demi-journée. Pour cela, les Forces de défense et sécurité se sont mobilisées. Mais gendarmes, policiers ont parfois été débordés par le nombre impressionnant d’invités. Très sobre en 2012, cette prestation de serment a pris des contours quelque peu festifs.
bgdiop@lequotidien.sn

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