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Le système de rémunération dans l’Administration sénégalaise discrimine les femmes. C’est la conviction de Awa Wade. L’ancienne syndicaliste, qui s’appuie sur des exemples, se heurte toutefois aux dénégations du directeur de la Solde qui refuse l’existence de toute forme de discrimination basée sur le genre dans le système de rémunération des fonctionnaires.

Au Sénégal, les femmes constituent la majorité de la population. Mais très souvent, elles ne bénéficient pas d’une égalité de droit avec les hommes. C’est ce que déplore la syndicaliste Awa Wade. L’ancienne Sg de l’Union démocratique des enseignants du Sénégal (Uden), qui présentait ce dimanche une communication sur Genre et développement dans le cadre d’un séminaire de renforcement de capacités du Réseau des journalistes en dialogue social (Rejdis), dénonce les discriminations salariales dont sont victimes les femmes. Selon Mme Wade, ces discriminations existent même dans l’Administration sénégalaise où les femmes ne bénéficient pas des mêmes traitements que leurs homologues hommes. «Dans l’Administration publique sénégalaise, il y a bel et bien un écart salarial», insiste la syndicaliste. «Quand on parle de salaire, ce n’est pas seulement le salaire indiciaire. C’est vrai qu’il ne peut pas y avoir d’écart dans le salaire indiciaire puisqu’on a les mêmes diplômes, mais si vous considérez la sécurité sociale des fonctionnaires, il y a des écarts», persiste Mme Wade qui s’est heurtée aux dénégations du directeur de la Solde, Charles Ciss. «Les femmes sont défavorisées malgré les réformes apportées dernièrement concernant la prise en charge des enfants et l’équité fiscale. Ces écarts subsistent même dans le privé où si on prend une branche de la sécurité sociale, la protection de la maternité, c’est la caisse de sécurité sociale qui paie le salaire de la femme qui est en congé de maternité et qui lui verse la prime de premier âge et de deuxième âge que les fonctionnaires n’ont pas», explique-t-elle devant le scepticisme du directeur de la Solde
Pour Charles Ciss, «Il n’y a aucune discrimination dans le mode de rémunération dans l’Administration». Le directeur de la Solde, qui participait au même atelier, soutient que l’administration sénégalaise rémunère selon le corps, l’ancienneté, la hiérarchie et le régime de responsabilité. «Si vous êtes inspecteur de l’éducation, homme ou femme, vous avez le même niveau de traitement. Il n’y a aucune différence», dit-il. Se référant au statut général des fonctionnaires, M. Ciss précise que celui-ci consacre un mode de rémunération qui est le même pour tout le monde et qui est basé sur l’indice. «C’est le même mode de rémunération pour tout le monde. Maintenant, il peut y avoir un régime de responsabilité qui permet à certains d’avoir un niveau de rémunération supérieur à d’autres. Même si vous êtes du même corps, l’ancienneté que vous avez peut avoir une influence sur le salaire». Un raisonnement qui ne convainc point Mme Wade. La syndicaliste, qui campe sur ses positions, souligne qu’en matière de discrimination, au Sénégal, les textes n’utilisent pas le langage épicène. «Il y a aussi beaucoup de vide puisque la femme est dans beaucoup de situations qui ne sont pas prises en compte. Non seulement il faut revoir l’égalité dans les dispositions règlementaires, mais dans la pratique aussi, il y a des fonctionnaires qui ne sont pas informés des pratiques», souligne-t-elle.

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