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Avec la disparition du journaliste Abdoulaye Fofana, c’est une page de l’histoire audiovisuelle du pays qui se tourne. Premier à présenter le journal télévisé, Abdoulaye Fofana est aussi un des précurseurs des journaux en langue nationale.

La presse sénégalaise est en deuil avec la disparition de Abdoulaye Fofana. Le journaliste retraité de la Radiotélévision sénégalaise (Rts) est décédé ce mercredi à l’âge de 77 ans, des suites d’une longue maladie, a-t-on appris de plusieurs sources. Abdoulaye Fofana fut, en 1972, le premier présentateur du journal télévisé sur l’Office de radiodiffusion télévision sénégalaise (Orts) devenue Rts en 1992. Avec sa disparition, «toute la télévision sénégalaise est aujourd’hui orpheline», écrit le journaliste Sada Kane sur sa page facebook. L’ancien animateur de l’émission Regards, a rendu hommage au disparu par ce canal. Dans son texte, il évoque «l’aîné précurseur qui a su, pour ses cadets, déblayer la voie toute nouvelle et encore mal connue, dont l’attirance pouvait cependant être ponctuée d’embûches et de traquenards pour ses suiveurs, en leur tenant la main avec fermeté et empathie, pour qu’ils ne s’égarent et ne se perdent point». Un autre ancien de la maison, Pathé Fall Dièye, qui fut directeur de la Télévision : «Ce n’était pas simple à l’époque mais lui et Ahmed Bachir Kounta ont mis au point le journal en langue wolof de la fin des années 60 au début des années 70», raconte-t-il au micro de la Rfm. Malgré son parcours édifiant, Abdoulaye Fofana a toujours accordé une grande importance au monde rural à qui il consacrait l’essentiel de ses émissions a la fin de sa carrière, poursuit M. Dièye. «D’abord rédacteur présentateur du journal parlé de radio Sénégal, en passant premier présentateur du Journal télévisé dont il sera rédacteur en chef plus tard, Grand Laye comme nous l’appelions, nous est apparu comme un modèle, en montrant en filigrane dans sa pratique, que le journalisme pouvait être plus qu’un métier, pour être vécu comme une passion certes contraignante par ses exigences de rigueur incontournables, n’excluant pas une touche d’élégance, singulièrement à la télévision, afin de préserver ce miraculeux pouvoir de séduction de ce médium qui devait rester la Boîte Magique qu’elle était encore…», écrit Sada Kane.

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