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Hervé Bourges, grande figure de l’audiovisuel français et grand défenseur de la Francophonie, est décédé dimanche 23 février à l’âge de 86 ans. Ancien président de l’Union de la presse francophone (Upf), il a reçu l’hommage de cette organisation.

La presse francophone est en deuil. L’ancien président de l’Union de la presse francophone (Upf) Hervé Bourges est décédé ce dimanche 23 février à l’âge de 86 ans. Par un communiqué de presse, l’Upf salue la mémoire de ce pionner des médias en Afrique. « Son rôle et son investissement personnel dans le développement de notre Union ont jeté les bases de notre développement actuel», souligne l’instance dirigeante de la presse francophone mondiale. «Intran­sigeant sur les principes d’ouverture et de démocratie, il s’est dépensé sans compter pour aider au développement de médias francophones pluriels. Défenseur acharné de la liberté de la presse et du développement de la formation des journalistes, il laisse une empreinte inaltérable dans le panthéon de la Francophonie et de l’Upf», poursuit le document. Avant de prendre la tête de l’Upf, Hervé Bourges, Docteur en sciences politiques, fût successivement président de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, créateur de l’Ecole supérieure internationale de journalisme de Yaoundé, porte-parole et directeur de l’information de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, les sciences et la culture (Unesco), directeur général de Radio France international (Rfi) , Pdg de Tf1, de Rmc, de France Télé­visions et président du Conseil supérieur de l’audiovisuel.

Documentaire sur l’Algérie en 2012
Outre ses rôles éminents dans les médias, Hervé Bourges fut aussi un militant anti-colonialiste du temps de la guerre d’Algérie, un amoureux de l’Afrique et un fervent défenseur de la Francophonie, souligne Rfi. Né le 2 mai 1933 à Rennes (en Ille-et-Vilaine, dans le nord-ouest de la France) et benjamin d’une famille de 11 enfants, Hervé Bourges fut diplômé de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille (Esj) en 1955. Rfi note aussi que sa vie fut ensuite un long parcours entre médias, politique et même diplomatie. Le média français rapporte que Hervé Bourges avait signé en 2012 un dernier docu­mentaire, L’Algérie à l’épreuve du pouvoir, avec le réalisateur Jérôme Sesquin. C’est en Algérie et en Afrique que Hervé Bourges «a tout appris», selon ses mots. Journaliste à Témoignage Chrétien, engagé contre la colonisation, il a écrit plusieurs ouvrages autobiographiques sur l’Algérie, pays qui lui tenait à cœur. Entre 1962 et 1965, Hervé Bourges a été conseiller du Président algérien Ahmed Ben Bella, le premier président de la République algérienne. «Je l’ai rencontré, il était avec Khider, Aït Ahmed, Boudiaf et Bitat. C’étaient les cinq chefs de la révolution algérienne, dont l’avion avait été détourné le 20 octobre 1956. Je les voyais à la demande de Edmond Michelet, le ministre de la Justice du Général de Gaulle qui me demandait d’entretenir des relations avec eux. Ce que j’ai fait…», avait-il déclaré à Rfi à la mort de Ben Bella en 2012, qui lui avait même confié une mission secrète de réconciliation avec son frère ennemi, Hocine Aït Ahmed, qui avait pris le maquis. Mais l’«Algérie nouvelle» aura aussi un goût amer pour Hervé Bourges. Resté dans son pays d’adoption après la chute de Ben Bella, il est arrêté en 1966, interrogé pendant quarante heures par les services de sécurité algériens, et torturé. Proche de François Mitterrand comme de Jacques Chirac, Hervé Bourges était l’auteur, parmi de nombreux ouvrages, d’un Diction­naire amoureux de l’Afrique, continent dont il avait appris à connaître, disait-il, «les dirigeants et les opposants, les artistes, les intellectuels» et aussi de nombreuses recettes de cuisine.

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