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Il était l’un des derniers grands «gawlos» de ce pays. Ce vendredi, le virtuose du «xalam», Samba Diabaré Samb, s’est éteint dans sa demeure des Hlm. Enterré à Tivaouane, il a marqué l’histoire du pays par son génie, sa droiture morale et son talent. Il a contribué à faire connaître de grandes épopées traditionnelles comme celle de El Hadji Oumar Tall qu’il chante dans «Taara».

L’un des derniers grand gawlos du Sénégal vient de casser la corde de son xalam, cet instrument traditionnel qu’il a contribué à faire apprécier. Samba Diabaré Samb s’est éteint ce vendredi à son domicile des Hlm. Dès que la nouvelle a été rendu publique, les hommages se sont multipliés pour saluer le talent de l’homme, mais surtout sa dignité et son intégrité. Pour le Président Macky Sall, «le Sénégal vient de perdre un de ses illustres fils». El Hadji Samba Diabaré Samb, élevé à la dignité de Trésor humain vivant par l’Unesco, est, selon Macky Sall, un «virtuose inimitable du xalam». «Il était le symbole de la dignité et du lien social», poursuit le Président en présentant ses condoléances à la Nation sénégalaise. Pour sa part, le ministre de la Culture et de la communication salue «un virtuose inimitable du xalam». «Il avait su magnifiquement dompter cet instrument de notre patrimoine musical traditionnel pour en faire son ami et en extraire les notes qui galvanisaient de grands hommes et chantaient de hauts faits donnés comme repères historiques de la construction de l’identité nationale», souligne Abdoulaye Diop. A 95 ans, Samba Diabaré Samb laisse derrière lui des œuvres artistiques majeures. «En compilant ses œuvres dans un album historique en 2017, le ministère de la Culture et de la communication a voulu contribuer à maintenir impérissable le souvenir du maître El Hadji Samba Diabaré Samb, mémoire de notre trajectoire», rappelle le ministre de la Culture qui souligne que «El Hadji Samba Diabaré Samb était vraiment un artiste».
Né en 1924 à Mouille, région de Louga, dans une famille de gawlos halpulaar (Peuls), Samba Diabaré Samb est un virtuose du xalam. Très tôt, il quitte ses parents et son village natal pour être confié à Marème Ndiaye, fille de Sidy Alboury Ndiaye, qui l’a amené avec elle en rejoignant le domicile conjugal à Saint-Louis, rapporte le journaliste Samba Mangane. Elevé par Serigne Mansour Sy à Tivaoune, Samba Diabaré est à l’origine, avec son compagnon feu Amadou Ndiaye Samb, de la création en 1962 de l’Ensemble lyrique traditionnel du Théâtre Sorano. Historien, généalogiste, poète, le virtuose a inspiré de grands noms de la musique sénégalaise comme Baba Maal avec qui il chante les fameux Taara qui revisite l’histoire de El Hadji Omar Tall, ou encore Lagiya. «Mariama Dianké, hommage à une femme prospère et généreuse, sur un air du Saloum, la célèbre chanson Saraba, du nom de cet endroit mythique qui occupe une place importante dans l’imaginaire des guerriers et des griots. A travers sa chanson sur l’hommage à Samba Guéladiodjégui Ba, ce prince dénianké, en lutte au Fouta-Toro contre sa destitution jugée illégale, il disait en Peul ‘’gniwa alla gaynakko’’, l’éléphant n’a pas de berger», dit de lui Amadou Bal Ba sur le site des blogs de Mediapart. «Au sommet de son art, en maître de la parole, Samba Diabaré Samb était cet éléphant, ce virtuose qui dominait toute la scène musicale sénégalaise. Un grand seigneur de la musique africaine», souligne-t-il. Depuis ce samedi, l’homme aux doigts d’or repose à Tivaouane la Sainte. Il laisse derrière lui un immense héritage que sa petite fille, la chanteuse Aïda Samb, tente tant bien que mal de perpétuer.

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