PARTAGER

Agé de 82 ans, le dessinateur des aventures du fils des âges farouches, publiées dans le journal «Pif Gadget», s’en est allé ce jeudi 5 mars.

André Chéret restera comme le dessinateur de Rahan. Né à Paris le 27 juin 1937, l’auteur est mort ce jeudi 5 mars, à l’âge de 82 ans. Passionné de dessin depuis son enfance, bercé par les illustrés américains d’après-guerre à l’instar du Tarzan de Burne Hogarth ou de Durga Rani, reine de la jungle de Pellos, André Chéret a travaillé dans l’imprimerie et la publicité avant d’embrasser une carrière dans le neuvième art. Durant son service militaire, il collabore à divers journaux et rencontre le jeune Jean Giraud qui l’entraînera sur le chemin de la bande dessinée. De retour à la vie civile, il enchaîne les illustrations. Mais c’est surtout avec l’hebdomadaire Vaillant qu’il révélera tout son talent, grâce aux aventures de Bob Mallard, casse-cou de l’aviation, en 1962. Le dynamisme de son trait impulse alors un nouvel élan à la série. Avec Roger Lécureux, il crée le personnage de Rahan, dont les premières aventures sont publiées dans le premier numéro de Pif Gadget en 1969. Le succès est fulgurant pour ce Tarzan de la préhistoire, enchantant un jeune lectorat avide de connaissances. «L’im­pact a été quasi immédiat chez le jeune public, chaque histoire de Rahan faisait s’envoler les ventes du magazine», explique l’éditeur de la série, Jean Wacquet.
Les aventures de Rahan se déroulent au temps où les hommes, «ceux qui marchent debout», survivent en affrontant dinosaures et diverses bêtes sauvages. Orphelin, le héros est recueilli par Crao, chef du clan du mont-bleu, qui mourra à son tour lors d’une éruption volcanique qui a décimé toute la tribu. Mourant, ce dernier va lui donner un collier de griffes qui renferme cinq vertus humaines : le courage, la loyauté, la générosité, la ténacité et la sagesse. De nouveau seul, il va traverser de nombreux territoires et périls, animé d’une infaillible curiosité et de la volonté de mettre en pratique les valeurs de son père. Le personnage offre au fil de ses aventures de sacrées leçons de courage et d’ouverture à l’autre. Si les premiers croquis proposés par Chéret représentent des personnages à l’allure simiesque qui ne correspondent pas à la vision de Lécureux, le dessin d’un Gaulois blond et costaud retient l’attention du scénariste, raconte Christophe Quillien dans son ouvrage Pif Gadget, 50 ans d’humour d’aventures et de Bd. Roger Lécureux décide alors de confier son personnage au dessinateur. Rahan est devenu l’un des héros les plus populaires de la bande dessinée. Une narration audacieuse, des valeurs humanistes fortes, le décor de la préhistoire ont largement contribué à asseoir cette célébrité : «C’est un personnage qui a fait aimer la bande dessinée à des milliers d’enfants», ajoute Jean Wacquet. Le dernier volume de la série est paru en février 2015.
Avec son épouse Chantal, coloriste de la saga décédée en 2017, il habitait le village de La Ferté-Saint-Cyr en Loir-et-Cher, qui a baptisé son école primaire du nom de Rahan. Les cendres de André Chéret seront déposées auprès de celles de sa femme, dans le jardin du souvenir en Sologne près de leur maison, où ils vivaient depuis presque trente ans.
Le Figaro

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here