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De par leurs riches parcours de vie, il est des hommes qui laissent des traces indélébiles dans leur communauté. Serigne Cheikh Tidiane Sy «Al Makhtoum» appartient à cette aristocratie de la foi. Croyant, pédagogue, érudit, «Mame Cheikh» comme l’appelle affectueusement la jeunesse tijane a toujours été une passerelle entre la culture islamique et occidentale. Portrait d’un éveilleur de consciences…

Après ses premières humanités à Tivaouane où il a vécu sa tendre enfance, le frère aîné de Al Amine a reçu les enseignements féconds de Serigne Alioune Guèye, Serigne Chey­babou Fall et Serigne Mama Lô. Ses connaissances profondes de l’islam et de la Umma, en plus d’une longue immersion dans la culture occidentale sans y perdre son enracinement dans les valeurs cardinales de l’islam. Le successeur de Mouhamadou Mansour Sy «Borom Daradji» a préféré déléguer tous ses pouvoirs à son jeune frère, Serigne Abdou Aziz Sy «Al Amine». Chercheur discret, poète fécond, le Sage de Fann Résidence a choisi de tourner le dos aux plaisirs évanescents de ce bas monde, afin de se consacrer à la prière, aux dévotions et à la lecture du Saint Coran.
L’une des facettes méconnues de la vie de Serigne Cheikh Ahmet Tijane Sy, c’est le fait qu’il ait révolutionné la classe maraboutique. Adepte de la modernité, il a été le premier marabout à se vêtir à l’occidentale, à fréquenter les salles de cinéma et à lire les philosophes et romanciers européens.
Préférant vivre à la sueur de son front comme l’a toujours préconisé son illustre grand-père, le vénéré Seydi Hadji Malick Sy, il a investi des créneaux porteurs tels que l’agriculture, le transport et enfin l’industrie. Homme politique averti, Serigne Cheikh a joué son rôle prépondérant à l’avènement du multipartisme dans notre pays, avec l’avènement de sa formation politique «Parti sénégalais pour la solidarité (Pss)». Prison­nier politique, il n’en a pourtant pas dévié de sa trajectoire d’éveilleur des consciences. Al­truiste, le Cheikh a soulagé et facilité la vie de certains Séné­galais qui lui voueront toujours une éternelle gratitude. In­fatigable prêcheur, ses prédications lors des Gamous aux Champs de Course de Tivaouane ont été très courus.
A son avènement au khalifat, il a réussi un coup de maître, un exploit salué par les moukhadam. Réunir et réconcilier la grande famille Sy avant de se retirer à Fann.
Bien que douloureuse, cette disparition doit être un nouveau souffle de réunification de la foi tijane, ouvrant ainsi une nouvelle ère de raffermissement de l’immense et riche legs de Mawdo.
E. Momar WADE
Journaliste

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