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La distribution de l’aide à la presse va encore susciter une polémique. Le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (Cdeps), qui a appris du ministère de la Culture et de la communication de la disponibilité de l’aide à la presse ce lundi, fait savoir qu’elle est distribuée dans «des conditions peu orthodoxes». Dans un communiqué, cette organisation dirigée par Mamadou Ibra Kane fustige l’attitude de la tutelle qui est allée «totalement à contre-courant des recommandations du chef de l’Etat, en distribuant l’aide à la presse selon des critères inavouables».

La façon dont l’aide à la presse a été distribuée a provoqué la colère des patrons de presse. Dans un communiqué, le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (Cdeps) renseigne que cette aide a été distribuée «dans des conditions peu orthodoxes». Selon les membres de cette organisation, «le ministre de la Culture et de la communication est allé totalement à contre-courant des recommandations du chef de l’Etat, en distribuant l’aide à la presse selon des critères inavouables et bafouant les règles les plus élémentaires de la bonne gouvernance, refusant de prendre un arrêté de répartition de l’argent public». Dans le document, ils expliquent que le chef de l’Etat, qui avait magnifié «le rôle de la presse dans le combat de l’Etat et du Peuple sénégalais contre le coronavirus, avait d’emblée annoncé le doublement de l’aide à la presse 2020 et son paiement diligent». Dans le communiqué, le président du Cdeps informe que «d’autres mesures ont été également prises par l’Etat pour juguler l’impact de la crise du coronavirus sur un secteur aussi névralgique que la presse, déjà affectée par une crise économique aiguë». C’est ainsi, précise Mamadou Ibra Kane, que «de leur côté, les acteurs des médias ont affirmé au président de la République leur engagement sans faille et leur disponibilité totale aux côtés de l’Etat dans le combat contre le coronavirus». Dans ce cadre, il informe que «des requêtes pour les conditions d’attribution de l’aide à la presse» ont été formulées. L’organisation patronale du secteur de la presse précise qu’il était demandé «que le ministère de la Culture et la communication associe les acteurs des médias pour la définition des critères de répartition de l’aide à la presse, qu’elle fasse l’objet d’un arrêté de répartition où seront dévoilés tous les bénéficiaires de cet argent du contribuable sénégalais et les montants qui leur sont alloués».
Dénonçant cette attitude de la tutelle, le Cdeps la qualifie de «menace pour la cohésion nationale autour du président de la République dans la lutte contre le coronavirus». Il ajoute dans son communiqué que «cette action dilatoire prive également le secteur de la presse de ressources financières indispensables à sa survie économique». Rappelant que «la force de la République réside dans le respect de ses lois pour bâtir un Etat de droit», Mamadou Ibra Kane et ses collègues en appellent «au chef de l’Etat et à toutes les institutions de contrôle de la gestion publique pour rétablir les entreprises de presse dans leurs droits, à savoir la rémunération de leur mission de service public».

 

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