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Aliou Sané et Cie ont vécu une campagne de distribution de flyers mouvementée hier à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Même des journalistes ont subi la foudre des agents du Coud, qui voulaient confisquer leurs matériels.

Le marquage à la culotte du pouvoir par rapport au collectif Noo lank se poursuit. Dans la matinée d’hier, des membres de la plateforme, sous la houlette de Aliou Sané, ont décidé de distribuer des flyers au campus de l’université Cheikh Anta Diop dans le cadre de la sensibilisation sur la hausse du prix de l’électricité. Mais c’était sans compter avec la détermination des agents de sécurité du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud). D’après des témoins, les flyers ont été arrachés des mains des animateurs de Noo lank aux alentours de la direction du Coud. Ils ont été priés de quitter les lieux. Une injonction que Aliou Sané et Cie ont ignorée catégoriquement, arguant que l’espace universitaire est un lieu public n’appartenant à aucun régime.
Une vive altercation s’en est suivie racontent les témoins, entre les activistes soutenus par des étudiants et des préposés à la sécurité à l’Ucad. Des cameramen ont même subi la foudre des agents du Coud qui ont voulu confisquer les vidéos de la scène mouvementée. Là aussi, les journalistes ont opposé une farouche résistance aux agents. «Après avoir empêché notre campagne de distribution de flyers, les agents du Coud se sont attaqués aux journalistes dans le campus», s’est indigné Aliou Sané, coordonnateur du mouvement Y’en a marre. Finalement, face au risque de détérioration de leurs matériels, les journalistes ont invité les activistes à tenir leur point de presse au niveau du «Couloir de la mort».
Du fait de la vive tension, la Police du Point E a été appelée en renfort. Dans ces conditions, Noo lank ne pouvait plus poursuivre sa campagne. «A Grand-Yoff samedi dernier, certains de nos camarades ont été interpellés avant d’être relâchés 30 minutes plus tard. On ne voudrait pas être perturbés. Nous faisons cette déclaration ici mais après, nous allons retourner au campus pour faire le travail. Personne ne peut nous empêcher de faire ce travail pour les étudiants qui sont nos frères et sœurs», a déclaré M. Sané. Pour Pape Abdoulaye Touré, leader des étudiants de Noo lank/Ucad, «des milliers de ménages reçoivent actuellement des factures d’électricité anormalement élevées». Ce qui constitue à ses yeux un «racket d’Etat sur les citoyens».
Pour contraindre l’Etat à revenir sur cette décision de hausse du prix de l’électricité, une marche est encore appelée par Noo lank demain, allant de l’université au rond-point de la Poste de Médina, à partir de 15h. Il sera aussi question d’exiger la libération de Guy Marius Sagna en prison depuis le 29 novembre 2019. «Vendredi sera le jour des étudiants, parce que Noo lank leur a fait honneur en faisant de l’Ucad son point de départ. Nous allons montrer que les étudiants ne se battent pas uniquement pour des bourses. On sera engagés au service de notre Peuple», a soutenu Pape Abdoulaye Tou­ré.

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