PARTAGER

Après des décennies de loyauté à Abdoulaye Wade, Madické Niang a décidé de prendre son destin politique en main et se présenter à l’élection présidentielle du 24 février 2019. Le divorce avec le Pape du Sopi fut brutal.

La relation a longtemps résisté à l’expression chère à Babacar Justin Ndiaye selon laquelle «la politique est le cimetière des amitiés». Mais chez Me Abdou­laye Wade, quiconque s’attaque ou menace les intérêts du «fils adoré» s’expose à la guillotine. Début novembre, le Comité directeur du Pds constate «l’auto-exclusion» de Madické Niang. Dans le parti libéral, c’est une page qui se tourne, car Me Niang fut durant des décennies l’un des plus proches du Pape du Sopi. Le dernier ministre des Affaires étrangères du régime libéral est accusé de «trahison» pour le compte de Macky Sall en se présentant comme candidat à la Présiden­tielle. Désigné candidat du Pds le 21 mars 2015, Karim Wade est ainsi contesté par Madické.
L’histoire commence au mois de septembre dernier. Des députés de Touba soupçonnés d’être proches de Madické Niang écrivent à Wade pour lui demander un plan B à Karim Wade. Me Wade est furieux. Pour lui, cette requête émane de Madické qui subit des «pressions irrépressibles de Macky Sall». Accusé, l’ancien garde des Sceaux se lave à grande eau et réitère son allégeance à Wade. Ce dernier, installé à Doha, accepte les précisions de son hôte de Fann Résidence. Mais quelques se­maines plus tard, Madické Niang part au Qatar pour officialiser à Wade son in­ten­tion de se présenter. Wade-père le place derrière Karim, Khalifa Sall, Pape Diop, Macky Sall… et lui réclame le poste de président du groupe parlementaire Liberté et démocratie. Il n’y aura pas de duel comme beaucoup s’y attendaient. Contre toute attente, Wade sort de son lot Serigne Cheikh Bara Dolli Mbacké pour hériter de la fonction. Pour, en même temps, «tuer» dans l’œuf la rébellion des élus du dépar­tement de Mbacké, surtout de Touba.
Isolé, Madické met sur pied la coalition Madické 2019 et enrôle Ibra Diouf Ndiokhobaye, Ami­nata Lô, Condetto Niang et plus tard Habib Sy. Sa dissidence risque de faire les affaires de Macky Sall, surtout à Touba, sa base affective qui échappe au pouvoir depuis 2012. Mais M. Niang l’assure : Si la candidature de Karim Wade est validée, il va se retirer. Une hypothèse qui paraît improbable. Tellement la plaie entre Me Wade et Cie et Me Niang paraît abyssale… Touba pourrait être âprement disputée entre Madické Niang, Macky Sall, Idrissa Seck et le Pds ou le candidat qu’il soutiendra.
bgdiop@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here