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Responsable de l’Apr à Linguère et Dg de l’Agence nationale pour les énergies renouvelables (Aner), Djiby Ndiaye invite «très fortement» l’opposition à répondre à l’appel au dialogue du chef de l’Etat et parle du choix du prochain maire de Linguère. Il demande aux alliés qui s’agitent de calmer le jeu et décline les réalisations et les ambitions de l’Aner.

Vous êtes responsable de l’Apr à Linguère. Quelles sont vos attentes par rapport au nouveau mandat du président de la République ?
Le 2ème mandat du Président, ce sera essentiellement consacré à la réalisation de la deuxième phase du Plan Sénégal émergent dont les projets sont identifiés et le financement trouvé. Ces projets ont pour la plupart fait l’objet d’études de préfaisabilité et seront entamés aussitôt après la prestation de serment. Ce deuxième mandat s’inscrit dans la continuité.
Ce que nous attendons du Président, c’est ce que tous les Sénégalais attendent de lui. Ce sont des emplois pour les jeunes, accompagner davantage les entreprises et industries sénégalaises dans leur développement, améliorer les conditions de vie des populations rurales avec le développement d’activités économiques, la fourniture d’eau, d’électricité, etc. Le Président a déjà beaucoup fait, mais il en reste encore. Facilité à toutes les populations rurales comme urbaines, l’accès à une éducation de qualité, et à une santé peu coûteuse. Nous faisons entièrement confiance au président de la République, à son intelligence, à sa vision et à sa volonté de faire du Sénégal un pays émergent.
Souscrivez-vous entièrement à son appel au dialogue ou bien vous pensez que c’est un Président qui a sa majorité parlementaire et qui a été élu par plus de 58% des Sénégalais, qui doit gouverner seul et que l’opposition n’a qu’à s’opposer ?
Appeler l’opposition au dialogue ne veut pas dire demander à l’opposition de ne pas s’opposer. L’opposition va certes s’opposer, mais dans un pays il est toujours bon que les gens s’asseyent pour discuter des problèmes majeurs qui impactent l’avenir du pays. Nous constatons que l’opposition a souvent contesté des décisions prises à son insu et pourtant elle avait pour la plupart la possibilité de donner et défendre son point de vue à travers des dialogues souhaités par le Président. Peut-être que si l’opposition avait accepté de dialoguer, le Président n’aurait pas pris certaines des décisions contestées. Je suis d’accord que certaines décisions, quelle que soit la légitimité qu’on a, on ne doit pas les prendre seul. Ça concerne tout un pays, sa vie, son avenir ; on doit associer toutes les Forces vives du pays, prendre les avis des uns et des autres ; ce que le Président a toujours voulu faire. Avant d’en arriver là, il faut que les responsables politiques installent un climat serein, et acceptent de discuter des problèmes du Sénégal pour l’intérêt des Sénégalais.
Même sans dialogue, le Président va dans tous les cas prendre les décisions. Il a la légitimité et l’obligation de le faire sur toutes les questions d’intérêt national. Alors je leur conseille très fortement de répondre à l’appel du Président et de mettre sur la table leurs préoccupations.

Certains partis de la majorité s’agitent pour réclamer plus de postes et vont même jusqu’à dire qu’ils auront leur candidat en 2024. Croyez-vous en l’avenir de Benno ou vous pensez que la coalition va imploser ?
C’est tout à fait normal, j’ai suivi un peu. L’Afp dit qu’elle aura un candidat en 2024. Chacun de nous aura un candidat, mais qui sera ce candidat ? Ça peut être  le candidat d’une coalition qui s’appellera toujours Benno bokk yaakaar, comme ça peut être le candidat d’une autre coalition ou de l’Afp tout court. Ils n’ont pas précisé qu’ils auront un candidat militant de l’Afp, et même si c’est le cas c’est tout à fait normal. Mais je crois que la coalition va demeurer.
Le Président Macky Sall, pour le peu que je connais de lui, dira que nous avons gagné ensemble, nous allons rester ensemble. Et je ne crois pas que les autres alliés aient  intérêt à partir. Maintenant, s’ils ont des ambitions pour leur parti, ce qui est tout à fait légitime, ils pourront les faire valoir bien après. Eux, comme nous de l’Apr, nous avons intérêt à rester ensemble.

Les élections locales auront lieu en décembre. Est-ce qu’on peut s’attendre à ce que vous soyez candidat à la mairie de Linguère, et quels sont vos rapports avec le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye ?
Le prochain candidat de la coalition à la mairie de Linguère sera désigné par notre coalition, et nous trouverons le meilleur candidat pour la ville. J’ai de très bons rapports avec le ministre Aly Ngouille Ndiaye. Je profite de l’occasion pour le féliciter encore de la bonne organisation de l’élection présidentielle et féliciter le président de la République pour sa belle victoire. Aly Ngouille est le responsable politique de la coalition Benno bokk yakaar du département de Linguère et l’actuel maire de la ville. S’il n’est pas candidat à sa propre succession, nous allons choisir quelqu’un d’autre que nous croyons  avoir le meilleur profil pour diriger la commune de Linguère.

Et ce ne serait pas vous ?
Je ne sais pas. Ça pourrait être moi ou quelqu’un d’autre. Le plus important, ce n’est pas la personne. L’essentiel est qu’il faut qu’on sache que l’avenir de Linguère, c’est au-delà des considérations politiques. Nous souhaitons avoir quelqu’un qui soit capable de gérer cette ville et de la faire avancer. Vous pouvez avoir un bon profil politique, avoir tout ce qu’il faut, mais si l’on pense que vous n’êtes pas en mesure de présider aux destinées de la ville, on ne pourra mettre la ville entre vos mains.

Qu’est-ce qu’on peut retenir en termes de réalisations dans le domaine des énergies renouvelables ?
L’Aner existe depuis 2013 et beaucoup de réalisations ont été faites dans le sous-secteur des énergies renouvelables, sous la conduite du ministre du Pétrole et des énergies (Ndlr : Mansour Elimane Kane). D’abord au niveau des grandes centrales connectées au réseau, le Sénégal a déjà eu à installer 6 centrales solaires d’une puissance cumulée de plus de 140 mégawatts, et un projet d’une centrale éolienne de 150 mégawatts est en cours de réalisation à Taïba Ndiaye.
Dans l’accompagnement du  monde rural,  nous avons eu à installer dans des villages isolés et non électrifiés, des kits solaires pour électrifier des bâtiments publics et communautaires, principalement les écoles, les cases des tout-petits, les postes de santé, les cases de santé, les lieux de culte, les postes de garde des eaux et forêts, de la douane, de la gendarmerie et de la police, etc. Nous avons également électrifié les postes au niveau du parc Niokolo Koba, le parc de Djouth. Nous avons aussi accompagné les femmes dans la transformation des produits halieutiques en leur installant des séchoirs solaires. Il y en a au niveau des quais de pêche de Ziguinchor, de Sendou, de Kayar, de Saint-Louis et du Cap Skirring. Près de 100 pompes solaires ont également été installées dans la zone des Niayes pour les maraîchers, en remplacement des groupes motopompes pour réduire les charges d’exploitation et contribuer à la protection de l’environnement.
Nous sommes en train de mettre en place un programme de remplacement des motopompes et électropompes dans la zone des Niayes, au niveau de la vallée du fleuve avec les riziculteurs et des bananeraies du Sénégal oriental.
Dans le cadre de l’autoconsommation, nous avons eu à installer des mini-centrales solaires à la gouvernance de Ziguinchor et aux hôpitaux régionaux de Thiès, Ndioum, Tambacounda et Diourbel pour prendre en charge leur besoin en consommation d’énergie. Ces installations sont des pilotes d’un programme qui vise à installer au niveau de l’ensemble des bâtiments publics, des centrales solaires pour prendre en charge les besoins en consommation énergétique.
Nous travaillons en partenariat avec le Fongip et les banques locales  sur un projet d’installation de kits solaires au niveau des ménages urbains et périurbains.

Le potentiel du pays en termes d’énergies renouvelables est-il important, moyen ou faible ?
Ça dépend du type d’énergie. Il y a l’énergie solaire, avec un grand potentiel réparti dans tout le Sénégal. Pour l’énergie éolienne, nous avons un bon potentiel à la Grande côte, entre Dakar et Saint-Louis où nous avons des vitesses de vent d’environ 6 mètres par seconde à 50 mètres de haut, ce qui permet une production rentable d’électricité. Nous avons également la biomasse, qui est bien présente au niveau de la Vallée du fleuve Sénégal, de la partie sud du pays, avec un potentiel moins important dans le reste du pays. Nous avons dans le domaine de la géothermie programmé des recherches avec des partenaires étrangers pour  évaluer le potentiel. La marée motrice avec les vagues de la mer, les chutes d’eau, les cours d’eau présentent un potentiel hydroélectrique important. Les énergies renouvelables dont on a un potentiel avéré et exploité, c’est l’énergie éolienne, le solaire, la biomasse et l’hydroélectricité avec les barrages de Diama, de Manantali et de Kaléta.

Est-ce que tout ce que vous faites pour aider à l’économie de l’énergie pour les services de l’Etat peut être considéré comme la contribution de l’Aner dans la mise en œuvre de la politique énergétique du pays ?
La part de contribution de l’Aner dans la politique énergétique du pays va au-delà de l’économie d’énergie qui est particulièrement gérée par l’Agence pour l’économie et la maîtrise d’énergie (Aeme). Aujourd’hui nous sommes à plus de 20% d’énergies renouvelables dans la production électrique. Mais au-delà de ces centrales connectées, il y a beaucoup d’autres installations hors réseau qui sont faites pour alimenter des bâtiments communautaires, des villages entiers ou pour développer l’autoconsommation. Des installations sont également faites pour développer des activités économiques telles que le pompage solaire, le séchage solaire, des plateformes solaires avec des équipements productifs, des unités de production, des unités de conservation, des moulins à mil, des menuisiers métalliques et bois ainsi de suite.
La participation des énergies renouvelables à la politique énergétique a facilité l’électrification rurale des zones enclavées et isolées. Cela a fortement contribué au taux d’électrification rurale au Sénégal. Le programme d’accompagnement des ménages urbains à installer des kits solaires pour prendre en charge leur besoin en consommation d’énergie va soulager la Senelec par rapport à la demande et réduire la facture d’électricité des ménages.

Quelles sont les contraintes auxquelles vous faites face dans la mise en œuvre de vos missions ?
Les contraintes majeures, c’est l’insuffisance des moyens financiers. Nous n’avons pas tout ce dont nous avons besoin pour réaliser tous les projets dans notre base de données. Mais néanmoins, on s’efforce à réaliser nos projets phare avec l’accompagnement de certains bailleurs. Pour le pompage solaire, on a pu faire un montage qui nous a permis d’installer près de 100 pompes solaires  avec la Cnca comme banque partenaire, le Fongip comme institution partenaire pour apporter la garantie, le Padem, programme du ministère de l’Agriculture, pour l’appui à l’encadrement technique des maraîchers et l’Aner pour l’encadrement et l’accompagnement technique côté énergie.

Ces derniers mois, on avait parlé de l’installation de 50 000 lampadaires solaires. Où en êtes-vous avec ce dossier ?
Pour ce dossier, nous sommes partis du constat que le pays était mal éclairé, avec environ 8 milliards de facture d’éclairage public par an, non payés par les collectivités locales. Il fallait trouver une solution pour bien éclairer au moins les villes sans augmenter la facture d’électricité des collectivités locales. C’est dans ce cadre que le président de la République a mis en place un programme d’installation des lampadaires solaires. Cette première phase concerne 50 mille lampadaires pour un besoin estimé à 236 mille lampadaires.
Le projet est en phase de démarrage, une partie des lampadaires est déjà livrée à Dakar.
Les villes concernées seront bien éclairées et l’avantage est qu’il n’y aura pas de facture à payer.

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