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Montrer à l’écran l’évolution des droits des femmes au Sénégal, de 1960 à nos jours : Tel est l’exercice auquel s’est prêté le journaliste Cheikh Adramé Diop dans son nouveau film documentaire. M. Diop qui est revenu sur les différentes étapes de cette lutte pour le respect des droits des femmes estime que c’est un devoir de mémoire et aussi pour amener les générations futures à s’inspirer de ces femmes pour assurer la relève. La projection du film a eu lieu mercredi dernier au Musée des civilisations noires.

La longue lutte pour l’émancipation et le respect des droits des femmes durant les 60 dernières années : C’est le sujet que le cinéaste Cheikh Adramé Diop a porté à l’écran. Ce film documentaire de plus d’une heure propose une rétrospective de la lutte des femmes de la Société civile de 1960 à nos jours sur les questions des droits des femmes. Le documentaire revient sur les dates marquantes de cette lutte en mettant en exergue les différentes femmes qui ont porté le combat. Adramé Diop montre les précurseurs tout en relevant le contexte de l’époque où la scolarisation des filles était encore timide. Il relève dans son documentaire le contexte de l’époque où le rôle de la plupart des femmes était limité aux tâches domestiques et paysannes. A travers son documentaire, le journaliste revient également sur l’adoption de la loi sur la parité et plus récemment celle de la criminalisation du viol. La rétrospective proposée par Cheikh Adramé Diop remonte aussi à l’avènement des femmes à des postes de décision d’abord en 1963 avec Caroline Diop comme première femme députée et Maïmouna Kane comme première femme ministre. Cette dernière, qui fût dans le gouvernement dirigé par le Président Diouf secrétaire d’Etat chargée de la condition féminine en 1978 puis ministre du Développement social en 1983, considère l’adoption du Code de la famille de 1973 comme une avancée majeure notamment en ce qui concerne le mariage forcé et la réglementation dans la succession. D’ailleurs dans le film, il est noté que ce contexte a aussi influencé les organisations de femmes pour harmoniser leur position. Le cinéaste souligne à travers les témoignages des actrices et des témoins de l’époque que les femmes prennent en main elles-mêmes leurs revendications. Des revendications ayant conduit par exemple à la signature des pactes internationaux relatifs à l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard des femmes en 1979. Outre les textes adoptés pour l’amélioration de la condition féminine dans notre pays, le film retrace aussi la lutte des femmes pour accéder à des fonctions qui jusque-là n’étaient accessibles qu’à la gent masculine. Le documentaire montre ainsi la bataille menée pour voir les femmes dans des corps comme la police et la gendarmerie. Au-delà de cet aspect, il est noté aussi les avancées en matière de santé, de l’accès à la terre, entre autres.

Valoriser le combat des femmes
Expliquant le choix de faire un documentaire sur ce sujet, Adramé Diop soutient que «c’est une manière de valoriser» le combat, les efforts et les différents résultats obtenus sur le chemin du droit des femmes. D’après lui, c’est aussi l’occasion de «faire le bilan à mi-parcours de cette lutte pour permettre aux générations présentes et futures de s’inspirer de la vie et des expériences de toutes ces femmes» ayant contribué à cette lutte. Pour le journaliste, ce documentaire doit aussi servir de support «pour assurer la relève et continuer le mouvement». «Il est important, après 60 ans, de créer les conditions d’un dialogue intergénérationnel. Certes le contexte a sans doute évolué, mais les objectifs restent les mêmes. Après tout, un pays a besoin d’une mémoire, d’une trajectoire, de repères», a-t-il dit à la fin de la projection. Ce film a été salué par les présidentes des associations féminines présentes à cette rencontre. Selon Safiatou Diop, présidente du réseau Siggil jiggen, les jeunes doivent s’inspirer de toutes ces femmes parce qu’il y a encore des défis à relever. C’est aussi l’avis de la présidente de l’Asso­ciation des juristes sénégalaises, Aby Diallo, qui soutient que le combat continue pour l’application de la convention de Maputo.

dkane@lequotidien.sn

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