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Un documentaire en accès libre retrace le parcours du joueur sénégalais de son village natal à Liverpool.

Il aurait dû devenir imam. Comme son père. Mais le «mektoub», le destin en arabe, lui a choisi une autre religion : le football. Depuis son enfance, Sadio Mané rêve de fouler les pelouses des plus grands clubs de la planète. Et d’égaler son idole, El Hadji Diouf, le leader des Lions de la Teranga, le surnom de la sélection du Sénégal, qui avaient croqué l’équipe de France lors du match d’ouverture de la Coupe du monde 2002 (1-0). Si sa famille préférait qu’il s’attache à étudier, l’appel du terrain cabossé -où les poteaux étaient faits de bouts de bois- a été le plus fort. Au point que lorsqu’il n’avait pas de ballon, il allait cueillir des pamplemousses pour dribbler avec.

Bambali, son village
Sadio Mané est né en 1992 dans une très modeste famille de Bambali, un village du Sud du Sénégal, au bord du fleuve Casamance. Enfant, il va au champ aider son oncle cultivateur et même si ce dernier n’y croit guère, Sadio lui promet qu’un jour il arrêtera de travailler de la sorte. Et comme pour un plan de carrière, le gamin y va étape par étape. D’abord, il devient le meilleur joueur du village, celui qu’on surnomme «Ballonbuwa», «le sorcier du ballon». Puis, la suite le propulse vers le succès. D’abord, il passe par le centre de formation de Dakar, fait un début chez les professionnels au Fc Metz, puis un passage au Red Bull de Salzbourg, avant d’enchaîner Southampton et une signature à Liverpool avec lequel il remporte la Ligue des Champions en 2019.
Depuis le 8 avril, le documentaire Sadio Mané, made in Senegal, qui retrace son parcours, de son village natal à Liverpool, est disponible gratuitement -mais avec des coupures publicitaires- sur la plateforme Rakuten tv. Le film met aussi l’accent sur la gentillesse et la délicatesse de cet attaquant hors normes, et la volonté de cet homme qui n’a jamais lâché son rêve de revêtir le maillot d’un club prestigieux. Si le joueur se montre d’une simplicité déroutante, c’est qu’il a « été élevé comme ça », dit-il avec un sourire. Musulman pratiquant, il aide ses proches et son village en y construisant une école et un hôpital. Et, parole tenue, son oncle n’est plus obligé de travailler aux champs.

«Rappeur débutant…»
On apprend également que Sadio Mané n’avait pas fait une bonne impression à Jürgen Klopp avant qu’il ne devienne son entraîneur à Liverpool. Ce dernier lui reprochant, avant de mieux le découvrir, de ressembler «à un rappeur débutant». Si l’on peut regretter de ne pas être suffisamment dans l’intimité de l’attaquant ou d’y voir la présence inutile de son équipementier, et si ce documentaire reste globalement un peu brouillon, il a l’avantage d’être joliment filmé et le mérite de mettre en image l’espoir d’un garçon qui n’avait rien et qui a réussi à conquérir l’un des plus grands clubs au monde. «Dans la vie, il faut rêver», martèle Sadio Mané assis sur son canapé en cuir. Alors, rêvons…
Le Monde Afrique

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