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De plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer à l’Etat l’érection du département de Vélingara en région. La dernière en date est celle du maire de la commune de Kounkané, Mohamed Nourou Baldé, qui explique la pertinence d’une telle option.

Le débat est de plus en plus posé : faire du départemental de Vélingara la 15ème région administrative du Sénégal. Après le maire de la commune de Sinthiang Koundara, Gallé Barry, c’est au tour du maire de la commune de Kounkané, Mohamed Nourou Baldé, de reposer le débat. En marge d’une cérémonie de remise de fournitures et équipements informatiques aux écoles de sa commune, M. Baldé a déclaré : «Il est temps que toutes les énergies du département soient mobilisées pour l’érection de Vélingara en région administrative.» Quels avantages ce département de la région de Kolda gagnerait-il à se séparer de celle-ci ? Mohamed Nourou Baldé : «L’acte 3 de la décentralisation a pour ambition de rapprocher les administrés de l’Administration. Ma­lheu­reusement, Vélingara se trouve à plus de 100 km de Kolda, son chef-lieu de région, où sont logés certains services techniques. Il faut donc faire toute cette distance pour accéder à ces services très importants pour le développement de nos collectivités locales. Une fois à Kolda, on s’entend souvent dire qu’il n’y a pas de véhicules pour le déplacement ou très peu de crédit pour assurer certaines prestations. Ce qui induit beaucoup de retard dans la mise en marche des idées de projet et projets. Alors même que nous sommes dans l’une des localités les plus pauvres du pays. Notre département a besoin que son développement soit impulsé par des projets structurants, inspirés par la base.» Cheikh Dieng, journaliste, correspondant du groupe Walfadjri, insiste sur les potentialités économiques du département : «Vélingara fait plus de 5 000 km2 de surface avec plus de 200 mille habitants. Il a des frontières communes avec 3 pays, a l’un des plus gros marchés d’échange sous régional (Diaobé), un important cheptel, 2 barrages hydro-agricoles, la première zone de culture de coton du Sénégal, le fief religieux de Médina Gounass etc. Toutes potentialités qui, si elles sont bien explorées, puis exploitées par des structures de gestion de proximité, pourraient facilement apporter le développement dans les ménages.» De son avis, les localités de Médina Gounass, de Pakour et/ou Koun­kané pourraient s’ajouter à Vélingara comme chef-lieu de département.
Pour Abdoulaye Mballo, journaliste, directeur d’une radio communautaire, le seul avantage dans la régionalisation de Vélin­gara se trouve dans la proximité avec les services techniques déconcentrés. Sinon, poursuit-il, «on a tout à perdre à devenir une région administrative». Cet agent de développement se défend : «Qu’est-ce que la régionalisation a apporté à Sédhiou en termes de développement ? Sinon un renchérissement du coût de la vie. Le prix du loyer va flamber du fait de la forte demande, alors que la plupart des bâtiments à louer appartiennent à des Gambiens. Donc, il ne faut s’attendre à aucune création de richesses ou d’emplois avec la région.»
akama@lequotidien.sn

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