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Malgré leur implication dans la marche du pays, les migrants sénégalais sont souvent confrontés à plusieurs problèmes comme les retraites et l’insécurité, entre autres.

Ils tiennent la plupart des ménages à bout de bras. Les migrants sénégalais sont des sources de revenus grâce à leurs transferts monétaires évalués à 1 000 milliards de francs Cfa par la Bceao, soit plus que l’aide internationale au développement. Mais il y a un hic. «Cette manne financière associée au fonds mis en place par l’Etat pour la réinsertion des migrants de retour et avec ceux des partenaires financiers pour la migration pourraient bien être canalisés par une institution financière comme une banque, une infrastructure financière qui pourrait se charger de l’appui et de l’investissement des émigrés», explique Youssou Mbengue. Le président de la Fédération des émigrés de retour propose que «cet appui à l’économie du Sénégal soit pris en compte par l’Etat qui doit se doter d’une véritable politique de migration qui intègre la protection des migrants et de leur famille». En dépit de leur nombre important «qui d’ailleurs constitue une source de revenus pour des milliers de familles», les migrants sénégalais ne sont pas pris en compte par les politiques de développement, d’après les témoignages de M. Mbengue. «Ils souffrent d’un manque criard de protection et de sécurité dans leurs activités professionnelles», a-t-il déploré. A l’en croire, les travailleurs sénégalais dans l’espace de l’Union européenne, à l’exception de la France, ne bénéficient d’aucune convention sur la prévoyance de retraite. Ils espèrent que l’Etat comblera ce vide juridique. «Nous exhortons le Sénégal à négocier et signer des accords bilatéraux sur la protection sociale des pays d’accueil de ses migrants et particulièrement avec les nouvelles destinations comme le Brésil, l’Argentine et l’Asie», a soutenu le président de la Fédération des migrants de retour.
Il a fait cette sortie hier lors la Journée internationale du migrant sous le thème «Gouvernance inclusive de la migration, retour et réintégration des migrants et investissement productif de la diaspora». Aujourd’hui, ils sont plus de 3 millions, selon l’Ansd. «Plus de 65% des émigrés sénégalais sont établis en Afrique et la plupart se trouvent en situation de détresse», alerte Youssou Mbengue qui regrette que les migrants sénégalais en Afrique soient moins considérés que ceux qui sont en Europe et en Amérique. Souvent, certains finissent dans les réseaux terroristes à cause de leur vulnérabilité et précarité. «Cela pousse certains à se convertir en djihadistes tandis que d’autres sont devenus des passeurs de clandestins», renseigne M. Mbengue. Que faire ? «Les obstacles sont nombreux et relèvent d’une absence de coordination, de gestion inclusive des actions menées dans le cadre de la migration. Les difficultés sont liées à un défaut de partage des idées, des initiatives et même de la documentation sur l’émigration vers certains pays», a-t-il dit.
ksonko@lequotidien.sn

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