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Le département de Bambey se trouve être l’un des plus pauvres du Sénégal. D’ailleurs, il se trouve dans la zone d’insécurité alimentaire. Cette pauvreté se traduit par l’analphabétisme, la non-accessibilité aux ressources financières, entre autres. Comment venir à bout de ce fléau qui gangrène ce département ? Les stratégies et programmes ne manquent pas. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’intervention du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac) dans la commune de Keur Samba Kane. Ce programme a investi une cinquantaine de millions dans cette collectivité locale et cela, au grand bonheur des populations qui ont manifesté leur reconnaissance aux dirigeants du Prodac et de la délégation de la Banque mondiale en visite de travail samedi sur les sites bénéficiaires. Awa Ndiaye Diop du village de Ndiarao témoigne : «Je suis très contente des interventions du Prodac. Au début, nous étions très sceptiques. Avec le temps, on s’est rendu compte que ce programme est en train de véritablement changer notre vécu quotidien. Nous éprouvions beaucoup de difficultés à faire face à certaines dépenses. Mais présentement, avec l’aviculture que nous pratiquons, si nous avons des étrangers, nous pouvons soit tuer un poulet ou bien préparer des œufs pour eux. Ici à Ndiarao, la pauvreté est très accentuée. L’année dernière, grâce à l’appui du Prodac, nous avons pu cultiver des champs de mil, de sorgho, de niébé et d’arachide. Les Groupements d’entrepreneuriat agricole (Gea) qui ont optés pour l’embouche bovine et ovine ont été financés. Avec le Prodac, ce sont des activités génératrices de revenus que les populations effectuent.»

Une délibération de 1 800 ha
Ce programme est très apprécié par la municipalité. Alassane Gora Diop, 1er adjoint au maire de Keur Samba Kane, confie : «Le Prodac est une très bonne initiative qui vient à son heure au Sénégal. Nous l’apprécions très positivement parce qu’il aide à vaincre la pauvreté aussi bien au niveau des jeunes que des adultes. Nous avons senti qu’il aide à unir les personnes. Il reste beaucoup de choses, surtout dans le secteur du maraîchage parce que les forages prévus ne sont pas encore fonctionnels. La commune a délibéré 1 800 ha pour permettre le travail. Les populations qui ont vu leurs terres prises ont été choisies pour travailler dans le Dac. Les 23 personnes impactées de la piste qui mènent au Dac ont été dédommagées.»

Création de 300 emplois directs
Venu accompagner la délégation, Abdou Silèye Kidiéra, point focal du projet développement de l’entrepreneuriat agricole au Sénégal financé par la Banque islamique de développement et l’Etat du Sénégal pour un coût global de 59 milliards logé au Prodac, indique : «Ces financements de la Banque mondiale via le Fnraa qui a bénéficié à 9 groupements d’entrepreneuriat agricole de Keur Samba Kane s’élèvent à 50 millions. Nous avons soumis des requêtes de financement pour ces groupements-là durant l’année 2016 et c’est en 2017 que nous avons eu l’heureuse réponse que ces groupements vont bénéficier des 50 millions. Très satisfaits de ce que nous avons vu sur le terrain, nous avons remarqué que tous ont compris l’esprit du projet qui est basé sur un financement et ont même commencé à rembourser. Le but recherché c’est que les bénéficiaires de ces financements puissent avoir un business pérenne et qu’ils soient autonomes afin qu’ils n’aient plus besoin de l’accompagnement du Prodac. 210 personnes bénéficient de ce projet.» Il ajoute : «Nous avons commencé à dérouler une piste de production pour pouvoir acheminer tout le matériel de construction et ce domaine agricole communautaire va bénéficier d’un financement de 5 à 6 milliards. Bientôt le cœur du Dac sera prêt. Ce qui fait que 300 personnes vont y travailler de façon pérenne et l’impact du projet va bénéficier à 10 mille ou 12 mille personnes. Pour ce qui est des forages, nous aurons le concours des Israéliens.»
badiallo@lequotidien.sn

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