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Au moment où quelque part sur terre, en Afrique occidentale, dans la zone intertropicale, en bordure de l’océan Atlantique la fièvre du pétrole monte sans que les narines ne soient bouchées par les  miasmes morbides  des hydrocarbures, un Russe, Oleg Novitsky, et un Français, Thomas Pesquet, membres de la grande famille de l’humanité, sont de retour sur terre après un séjour de six mois dans l’espace, un président de la République échevelé et excentrique à la tête d’une puissance monstrueuse décide de quitter les accords de Paris pour satisfaire sa folle promesse de devenir le plus grand pourvoyeur d’emplois de tous les temps. C’est le temps de Donald Trump, le temps de l’insouciance du monde.

Il est aujourd’hui ahurissant que la question de notre devenir sur cette minuscule planète, ce petit grain de sable appelé terre, refroidi après le big-bang, habité des moisissures au nombre ridicule de 7,347 milliards  ne soit nullement l’objet de préoccupation sérieuse de nos hommes politiques, nos philosophes et nos religieux. Seuls les métaphysiciens et certains astrophysiciens et, tenez-vous bien, des cinéastes se font l’écho de la finitude inéluctable de cette terre dont les signaux sont visibles. Nous allons partir, peu ou prou. C’est inéluctable ! Depuis le chef-d’œuvre de Stanley Kubrick, «2001 Odyssée de l’espace», il y a eu ces trois dernières années la plus forte activité artistique sur la question. Pas moins de cinq excellentes  œuvres cinématographiques posent le problème de façon philosophique et même spirituelle. Le meilleur reste Interstellar de Christopher Nolan sorti en 2014, qui est supérieur au très bon Seul sur Mars de Ridley Scott.
La question nous hante vraiment : «Quels seront par exemple les moyens techniques et les connaissances humaines dans 10 mille, 20 mille, 100 mille ans, ou plus ? Or, quoi qu’il arrive, l’homme progressera. Cela quand bien même, à une époque ou à une autre, l’humanité repartirait de zéro. Et il ne cessera de progresser – en bien comme en mal – jusqu’à l’extinction de notre système solaire qui se produira dans environ 4,5 milliards d’années», a écrit un maître savant.
Mais auparavant, nous aurons tous disparus, au moins un milliard d’années avant cette grande affaire, la terre ne sera plus habitable. Entre-temps, l’homme aura tenté de coloniser d’autres planètes, ce qui est possible, mais il va déplacer en même temps la question existentielle de la finalité de la création. Il sera toujours confronté à la mort, même sur Mars. Les proportions de l’univers sont tellement immenses que nous avons l’illusion du ralenti et l’allongement du temps. A une échelle autre et réelle, les choses vont se passer très vite ; d’où la question pertinente du réchaussement de la planète, de l’érosion côtière, de la pollution atmosphérique etc. Il y a de l’insouciance dans l’ignorance des proportions et l’impression que nous avons encore le temps. On peut l’appeler «le Syndrome Donald Trump» dont le triste flambeau est porté aujourd’hui par la Chine, le plus grand pollueur du monde.
Quelle que soit la manière, nous sommes appelés à habiter d’autres mondes par la force physique ou métaphysique, selon que l’on soit un initié ou pas. Nous irons vers nos origines premières par des machines volantes, des corps volants, des âmes subtiles ou quoi d’autres ? Personne ne sait. Toutes les grandes âmes, les âmes anciennes sont préoccupées par cette affaire à travers toutes les cultures, les civilisations, les races et les différents domaines de savoir. Sauf les hommes politiques ! Or, la gestion de la vie future, de la prospérité, de l’amélioration et de l’évolution des hommes est le programme essentiel des hommes politiques, du point de vue des grands initiés, qu’ils soient religieux ou pas, depuis Babylone, Sumer, Rome, Athènes, la Mésopotamie, l’Abyssinie, Alexandrie, jusqu’au jour d’aujourd’hui dans les Etats dont la mission est de gouverner le monde.
Nous allons vers «une démocratie» des sachants. Face à la menace grandissante de disparition collective, les hommes vont se livrer aux initiés, à ceux qui savent, aux guides, aux mages et ce sera la fin de la démocratie elle-même et l’avènement d’une nouvelle ère politique pour l’humanité tout entière qui sera confrontée à une alternance furieuse de prospérité, de rareté et de précarité.

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