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Malgré l’engagement manifesté par le Président Macky Sall en février 2016, le Sénégal ne gère pas ses ressources halieutiques selon les normes Fiti. Résultats : le pays dispose de peu de données fiables dans le secteur de la pêche.

La pêche sénégalaise nage dans des eaux troubles. C’était le sentiment le mieux partagé hier au cours de l’atelier de sensibilisation des journalistes sur les standards Fisheries transparency initiatives (Fiti), organisé par le Forum civil et le Partenariat régional pour la conservation de la zone côtière et marine en Afrique de l’Ouest (Prcm). L’engagement public fait par le Président Macky Sall en février 2016 à Nouakchott est le seul acte posé par le pays pour adhérer aux normes Fiti. Depuis, le pays bute sur la désignation du ministère de tutelle de la Fiti. «Il suffit juste d’un décret. Mais depuis 2 ans, on bute sur cette désignation du ministère de tutelle de la Fiti. Que l’Etat nous dise si c’est le ministère de la Pêche, le ministère de l’Econo­mie ou de la Justice», a exhorté Mansour Ndour, Point focal en Afrique de l’Ouest de la Fiti.
Au Sénégal, la disponibilité d’informations crédibles, complètes et accessibles est un véritable problème. La Fiti a été créée pour améliorer la durabilité des pêches par la transparence et la production d’informations fiables et publiquement accessibles. Les pays engagés dans la Fiti sont soumis de respecter 12 exigences tendant à faire des publications dans le secteur de la pêche. Le Sénégal qui ne respecte que 2 critères d’adhésion ris­que de le perdre. «Si le Sénégal ne respecte pas tous les critères, la Fiti peut annuler son engagement public. Donc le Sénégal a intérêt à accélérer le processus», a prévenu Birahime Seck, coordonnateur du Forum civil.
Le processus est en cours, assure Mamadou Hamidou Diagne, conseiller technique du ministre des Pêches et de l’économie maritime. «Le ministère suit bien l’ensemble des initiatives qui se font dans le domaine de transparence. Le Sénégal s’organise à mettre le processus pour adhérer à Fiti», a rassuré M. Diagne. La pêche emploie officiellement 600 mille personnes. Des chiffres mis en doute par le président de l’Association pour la promotion et la responsabilisation des acteurs de la pêche artisanale maritime (Aprapam). «Ces chiffres de 600 mille emplois datent de 1981. En 2020, l’Etat ne peut pas nous dire combien de personnes s’activent dans la pêche», regrette Gaoussou Guèye.

«Les données du Port et du ministère sont différentes»
Pour le responsable régional des standards Fiti en Afrique, le Sénégal doit faire des efforts en publiant des données fiables sur la pêche. «Au Sénégal, les données du Port sont différentes des chiffres du ministère en matière de débarquement. Il y a des divergences alors que nous sommes dans un même pays. Il est difficile de faire une analyse fiable sur la pêche. De plus, il y a une courbe croissante dans les chiffres du ministère alors que tous les acteurs constatent une rareté de la ressource», déplore Mansour Ndour.
Ainsi, l’Etat n’a pas répertorié le nombre de pirogues, de navires, d’accords et de licences de pêche. «Si le Sénégal adopte les standards Fiti, tous les problèmes seront réglés. Nous ne voulons que la transparence avec la publication des informations sur les bateaux, les licences de pêche, les accords de pêche, etc.», a appelé Fatou Niang Ndiaye, vice-présidente du Groupement des armateurs et industriels de la pêche (Gaipes).

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