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L’auditorium de l’Ucad 2 de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar était avant-hier, jeudi matin, au couleur des gabelous. Du directeur général au planton, plusieurs soldats de l’économie pour ne pas dire tous étaient à la cérémonie de soutenance d’un des leurs, M. Pape Djigdjam Diop.
C’est autour de l’intitulé «L’influence du droit douanier africain par les normes de l’Organisation mondiale des douanes : le cas de la mise en œuvre de la convention de Kyoto révisée et du cadre safe» que l’auteur a axé sa réflexion qu’il a présentée au jury composé de trois Professeurs et du Docteur, lieutenant-colonel Mbaye Ndiaye, chef de division régionale des douanes du Nord.
En 2008, à l’époque, chef du bureau des régimes économiques et particuliers, Monsieur Diop a eu l’occasion de représenter le Sénégal à des réunions dans le cadre de la convention de Kyoto révisée et le cadre de normes Safe de l’Organisation mondiale des douanes (Omd). Ce qui fut un déclic et lui a permis de commencer à rédiger des articles dans des revus pour apporter sa «modeste» contribution aux questions douanières. Ainsi, les thèses portant sur le droit douanier en Afrique étant rares, le gabelou a eu l’idée de présenter celle qui sera la troisième du genre au Sénégal. Son principal objectif est d’essayer d’appréhender le droit douanier en tant que matière spécifique qui a du mal à s’imposer dans les universités de l’Afrique subsaharienne, mais aussi et surtout de faire une sorte de plaidoyer pour une refondation du droit douanier qui, selon lui, doit être un ensemble de règles aux réalités pour faciliter et sécuriser les échanges commerciaux.
La problématique générale de cette thèse concerne l’application des instruments de droit international en droit interne.
Ainsi, dans la première partie, l’auteur a traité de l’influence contrastée du droit douanier africain par les normes qui le régissent, à savoir la Ckr qui reprend des règles destinées à l’harmonisation des régimes douaniers et à la simplification des procédures douanières, mais également du cadre Safe de l’Omd.
La seconde partie, quant à elle, est comme une perspective du droit douanier qui est appelé à être un droit moderne et adapté. Cette thèse présentée au jury, celui-ci l’a considérée comme technique.
Le Professeur Kébé, malgré ses réserves et ses critiques dans le fond comme dans la forme, a salué la pertinence du thème choisi qui, selon lui, relève de l’actualité, avec notamment l’impact du droit douanier, «un sujet intéressant, en cohérence avec les politiques publiques à travers le concept de développement économique de notre pays, le Plan Sénégal émergent (Pse)».
En effet, l’auteur tente de montrer l’apport des services des douanes en termes de mobilisation des ressources, à côté de la mission fiscale de la douane, celle-ci est de plus en plus ouverte à d’autres domaines.
C’est donc une thèse de droit public qui de façon globale satisfait aux normes et standards de l’académie internationale.
Après les échanges, le jury s’est retiré pour se concerter. A terme, celui-ci très satisfait du travail du douanier lui a décerné la mention très honorable. Et Pape Djigdjam Diop accède ainsi au grade de Docteur.
Très comblé, il a exprimé sa gratitude à l’endroit de son encadreur, le Professeur Alioune Sall, à ses collègues de travail, ses amis et sa famille. Conscient des défis énormes qui l’attendent, l’universitaire se voit déjà dans des habits d’enseignant sur les questions liées au droit douanier à l’Université de Dakar, une manière pour lui de servir autrement et doublement son pays.
d.dem@lequotidien.sn

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