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Animant, mardi, une conférence sur les cancers du sein et du col de l’utérus, organisée par la Fédération And Defar Cess/Ville défenseur des droits humains (Vddh), en partenariat avec Tostan et l’Association «Prévenir le cancer», Docteur Abdoul Aziz Kassé estime que «se prévenir des 6 types de cancers qui existent à 40 mille francs Cfa, cela vaut la peine».

Par Ndèye Fatou NIANG (Correspondante ) – Docteur Abdoul Aziz Kassé, enseignant à l’Institut du cancer de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) est formel : «se prévenir des 6 types de cancers qui existent à 40 mille francs Cfa, cela vaut la peine». Lors d’une conférence animée, mardi, sur les cancers du sein et du col de l’utérus, au centre Tostan de Thiès, Dr Kassé s’offusque du fait que «nous mettons chaque année dans nos filles des sommes autrement plus importantes pour des raisons autrement moins importantes». Il explique qu’au tout début, les laboratoires pharmaceutiques vendaient le vaccin contre le cancer à 120 mille francs Cfa la dose, ce qui faisait, selon lui, 360 mille francs Cfa par personne vaccinée. «C’était prohibitif et impossible au Sénégal. Nos associations Prévenir le cancer, à force de plaidoyer, ont réussi à faire baisser le prix du vaccin dans un premier temps à 50 mille francs Cfa et, ensuite, à 20 mille francs Cfa». Une «avancée significative», se réjouit le médecin. Laquelle avancée est appréciée à sa juste valeur par le président de l’Association Prévenir le cancer qui est d’avis que «deux doses à une fille qui n’a jamais eu de rapport sexuel permettent de la protéger contre tous les cancers pour le restant de ces jour». Pour une femme qui a eu déjà des rapports sexuels, estime Dr Kassé, «trois doses vaccinales permettraient de prévenir également les 6 variétés de cancers». Sur la même lancée, il renseigne que son association est en train de se battre avec la Fondation Bill et Melinda Gates dans le cadre du Gavi pour obtenir le vaccin à 5 dollars (2500 francs Cfa) la dose. «Une bataille déjà commencée avec beaucoup d’espoir quant à son aboutissement», a dit le président de la Ligue sénégalaise contre le tabac (Listab), qui est revenu sur la fabrication du vaccin contre les papillomavirus, des lésions qui précèdent le cancer.

«Des virus qui réduisent aussi le cancer de la gorge et de la bouche…»
«Ils sont 150 virus différents qui se contractent par contact interhumain de peau à peau, soit à travers les rapports sexuels homme-femme, des rapports buccaux ou anaux. Lesquels virus peuvent donner des lésions qui précèdent le cancer et qui, de 15 à 25 ans, peuvent évoluer». Il renseigne qu’«il a été fabriqué des vaccins contenant quelques-uns de ces virus qui permettent de fabriquer des anticorps et donc de prévenir la survenue du cancer. Pas seulement du cancer du col, ces virus réduisent également le cancer de la gorge et de la bouche chez les personnes qui pratiquent des rapports sexuels buccaux. Ils diminuent également les risques de cancer du vagin et de la vulve chez la femme». Aussi, poursuit Dr Kassé, «les cancers du pénis chez l’homme mais également les cancers de l’anus chez les sujets qui pratiquent des rapports sexuels anaux». Docteur Abdoul Aziz Kassé ne manque pas de faire remarquer que «pendant très longtemps nous nous sommes trompés, nous avions cru que le cancer n’était pas l’affaire des pays en développement et que c’était une maladie des pays riches. Très rapidement nous nous sommes aperçus qu’après l’âge de 40 ans le cancer représentait la première cause de décès au Sénégal. Aussi nous nous sommes également rendu compte que 75% des malades qui venaient nous consulter étaient à des stades où on ne pouvait plus rien faire, si ce n’est des traitements palliatifs». Et de penser qu’«il était temps de ne plus attendre les malades à Dakar, de se déplacer dans les régions pour un changement de politique». En «instituant des stratégies de dépistage et de prévention du cancer et un changement de comportement à travers la sensibilisation des populations cibles». Dans ce cadre, indique l’enseignant à l’institut du cancer de l’Ucad, Dr Kassé, la Fondation And défar Cess, Tostan et l’Association Prévenir le cancer se sont réunis pour initier une première rencontre de sensibilisation. Qui, à en croire la coordonnatrice de la Fédération And défar Cess, Khady Mbaye Kâ, «est la porte ouverte pour d’autres actions d’envergure». Elle souligne qu’il s’agit là de poursuivre la sensibilisation mais surtout s’organiser pour qu’«à Thiès il existe une stratégie pérenne». À savoir l’érection d’un centre de dépistage et de traitement des lésions précancéreuses du col de l’utérus chez la femme.
Quant à l’accès au vaccin pour les femmes, Mme Kâ renseigne qu’un comité sera mis sur pied pour travailler à la participation des maires des communes de Thiès à l’achat de vaccins. Car, note-t-elle, «la santé est une compétence transférée et les maires doivent donc participer à cette campagne». Mme Khady Mbaye Kâ, rappelant que «le cancer est devenu un problème de santé publique», devait insister sur la «pertinence de sensibiliser la communauté, principalement les femmes qui constituent une couche vulnérable par rapport à cette maladie du cancer».
nfniang@lequotidien.sn

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