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Le docteur Ndongo Mbaye animait la semaine dernière à l’Iam une conférence sur «L’éthique, la confiance et l’engagement». Au cours de cette rencontre, il a évoqué plusieurs ouvrages et écrits, entre autres le roman de Amadou Elimane Kane, le texte de Thierno Souleymane Ball, la Charte du Mandé… pour recommander le retour aux sources et aux valeurs.

«Nous sommes actuellement au Sénégal dans une période où l’éthique pose problème, où la morale s’en va, s’effrite et se délite. Nous avons des problèmes de citoyenneté et de civisme», a dit Ndongo Mbaye au cours d’une conférence dont le thème est «Ethique, confiance et engagement : Les conditions du sursaut citoyen». C’est dans ce cadre que ce journaliste-écrivain prône le retour aux sources pour que, dit-il, l’éthique redevienne le pouls par lequel bat le cœur de notre société. M. Mbaye, docteur en littérature, revenant sur les grands axes de sa conférence, affirme : «Nous privilégions la connaissance de soi, la confiance en soi et l’estime de soi. A partir de ses 3 principes, on peut construire un enfant ou bâtir le futur. Un enfant qui, à partir de ces principes, sait partager des savoirs, s’adonne au civisme et à la citoyenneté est forcément dans l’éthique». «Je suis parti du roman de Amadou Elimane Kane Une si longue parole dans lequel j’ai interprété le rôle de Fatimata, un personnage qui défend les valeurs culturelles essentielles et fondatrices de notre civilisation, c’est-à-dire à travers l’éthique, l’honneur et le fait de vouloir défendre les faibles. C’est pourquoi j’ai privilégié ce personnage charismatique qui est Fatimata. Il y a aussi d’autres figures féminines comme les femmes de Nder, la princesse Yenéga, la reine Danté Yalla, la mulâtresse Solitude de Guadeloupe, la reine Pokou et aussi la reine Zingua. Qui sont des femmes que j’ai aussi privilégiées pour donner voix aux femmes», éclaircit-il encore.
Ndongo Mbaye ajoute : «J’ai aussi parlé des textes fondamentaux, à savoir la Charte du Mandé du 13ème siècle bien avant la Déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen, puis de deux articles essentiels tels que l’article 14 et 16. Ces articles disent qu’il ne faut jamais négliger nos femmes, nos mères et surtout il faut investir les femmes au niveau des gouvernements.» M. Mbaye n’a pas manqué d’évoquer le texte du fondateur de l’Al­ma­miya Thierno Souleymane Baal. «Ce texte qui dit que si les hommes s’accaparent du bien public, démettez-les et remplacez-les par les hommes qu’il faut. Et bien, je crois que ce sont des choses qui ont existé bien avant et qui sont des valeurs cardinales du domaine de la culture et de l’éthique.» Il termine par la leçon inaugurale du juge Kéba Mbaye en 2005 à l’Université Cheikh Anta Diop sur l’éthique, rappelant qu’«il disait que l’éthique doit être au cœur de tous les cœurs. Etre au cœur de l’Administration publique, la gouvernance partout».
Le conférencier a enfin fait allusion à Senghor et Mamadou Dia, renseignant que le premier disait qu’il faut être «sur le terrain de la politique» tandis que le second évoquait «le terrain de la morale». A la question de savoir si l’éthique n’est pas aujourd’hui un vain mot, il répond qu’«on est en pleine déliquescence de l’éthique». «Je dis chaque fois aux gens que l’éthique ce n’est pas seulement la conviction, la pensée et la philosophie, mais une action et de la responsabilité. Il faut être sur le terrain et agir», a-t-il conclu.
Stagiaire

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