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Hier en conférence de presse au Palais de justice Lat Dior de Dakar, le procureur de la République a blanchi les policiers au sujet drame du stade Demba Diop. Sur l’affaire des fuites au Baccalauréat, Serigne Bassirou Gueye annonce avoir requis le mandat le depôt pour 16 des 42 personnes arrêtées.

«Le samedi dernier, la finale de la Ligue sénégalaise de football professionnel s’est déroulée au stade Demba Diop de Dakar. Elle a opposé l’Union sportive de Ouakam au Stade de Mbour. A quelques minutes de la fin du match, des échauffourées avaient éclaté. Des pierres et autres objets dangereux avaient été lancés. Des violences de toutes sortes ont été commises. S’y était ajouté un mouvement énorme de foule. Un pan du mur de la tribune découverte s’était aussi affaissé. Les dégâts matériels et pertes en vie humaine furent importants : 8 morts ont été recensés ainsi qu’une centaine de blessés (…). Nous avons aussitôt décidé de l’ouverture d’une enquête qui a été confiée conjointement au commissaire de la police de Dieuppeul et au commissaire, chef de la sûreté urbaine du commissariat central de Dakar.
En compagnie des enquêteurs, je me suis rendu sur les lieux. Nous avons pu constater l’ampleur des dégâts. Les traces de sang et autres débris trouvés sur place renseignent sur l’atrocité des actes commis. L’enquête suit son cours. Et déjà des témoignages ont été recueillis, des films visionnés et des renseignements en cours de traitement. L’au­topsie des corps a été ordonnée et confiée à l’hôpital Aristide Le Dantec. L’enquête sera complète. Aucune piste ne sera négligée. Les responsabilités seront si­tuées. Et les auteurs de ces actes ignobles seront traduits devant la justice (…).
Vous avez dit qu’il y a un rapport de la Protection civile qui semble impliquer les responsables du stade. Nous, notre enquête est en cours. Je n’ai pas encore reçu cette enquête. Mais comme je vous l’ai dit dans mon propos liminaire, aucune piste ne sera écartée. Que ça soit les membres de la Ligue professionnelle, toutes les responsabilités seront situées. L’enquête sera complète. Il n’y aura pas de zones d’ombre à la suite de cette enquête. Le chef de la Su (Ndlr : Sûreté urbaine) peut me confirmer qu’aujourd’hui le directeur du stade a été entendu. Le président de la Ligue professionnelle de football a aussi été entendu (…). Je n’ai pas encore, à présent, reçu de plainte venant des victimes. Mais de toute façon, vous voyez même que nous avons déjà commencé, nous, notre enquête. Et donc si la plainte vient, on l’enregistrera et on lui donnera la suite appropriée.
Vous me dites qu’il y a des gens qui ont parlé déjà de la culpabilité de l’équipe de Ouakam. Nous, nous sommes en train de faire une enquête. Si j’étais sûr de la culpabilité de tel ou de tel, l’enquête n’allait pas être très longue. Mais aujourd’hui, nous avons comme je vous l’ai dit des indices, des témoignages, des films, des enregistrements, des informations, et nous allons les exploiter. Et le moment venu, vous verrez, selon nous, qui sont les auteurs présumés des faits (…) Il y a des commentaires sur Facebook. Effectivement, j’en ai reçu certains qui sont vraiment désobligeants et qui s’analysent en droit en apologie du crime. De l’autre côté, le commandant de la Section de recherches (de la gendarmerie) m’a informé de cela. Je lui ai demandé d’aller dans ce sens pour voir en quoi essayer d’identifier les personnes. Parce que ça, c’est l’apologie du crime qui n’est pas admissible en pareille matière. Et si quelqu’un est pris dans ce sens-là, il sera sévèrement sanctionné (…).
Vous avez parlé de la réaction des Forces de l’ordre. C’est vrai, certains ont parlé des Forces de l’ordre. Est-ce que les Forces de l’ordre ont tiré ? Est-ce qu’il y avait un nombre inférieur ? Moi, mon problème, jusqu’à présent, nous n’avons aucune piste qui mène vers les Forces de l’ordre. Et puis dans le domaine sportif, je crois que c’est assez bizarre qu’on puisse parler de Forces de l’ordre en nombre ou en quantité qui ont tiré etc. Parce que le domaine sportif, c’est le domaine par excellence où l’amitié et la fraternité doivent prévaloir. Donc, si on arrive à dire qu’il n’y a pas suffisamment de Forces de l’ordre, ça veut dire que l’esprit est déjà fauché.
Je crois ce sur quoi nous devons nous appesantir aussi, c’est cette culture de violence que l’on voit dans le milieu sportif. Et c’est ça qu’il faut décrier. Mais toute tendance à vraiment déplacer le débat serait nuisible à l’éducation pour la paix que nous devons inculquer aux sportifs et aux militants du sport de façon générale.

Affaire des fuites au Baccalauréat
Ayant reçu des informations faisant état de fraude à certaines épreuves du Baccalauréat 2017, nous avons mis en place une équipe mixte d’enquête composée de la Section de recherches de la Gendarmerie nationale et de la Division des investigations criminelles (Dic) qui, avec le concours de leurs collègues des commissariats de police du Plateau, de Tivaouane, Diourbel et Kaolack, a procédé à l’interpellation de plusieurs personnes. Ladite équipe a aussi cerné les contours de la fraude. Ainsi, il est apparu que les sujets étaient échangés contre des sommes d’argent variant entre 25 mille et 250 mille francs Cfa. Le recours aux réseaux sociaux, notamment WhatsApp, a favorisé bien entendu la rapide propagation de la fraude.
En somme, 42 personnes ont été arrêtées et déférées au Parquet dont 3 professeurs de lycée, 1 proviseur de lycée, 3 agents de l’Office du Bac­calauréat, 23 candidats au Bac­calauréat 2017 et 3 candidats qui ont réussi en 2016 par la fraude. Et bien entendu, d’autres personnes appartenant à des catégories professionnelles diverses.
Compte tenu de la gravité des faits qui ont sérieusement troublé l’ordre public, nous avons requis l’ouverture d’une information judiciaire contre les personnes susvisées des chefs d’association de malfaiteurs, de fraude aux examens, d’escroquerie, d’obtentions frauduleuses d’avantages matériels indus ainsi que de complicité de ces chefs. Le juge d’instruction du premier Cabinet a été saisi de l’affaire (…).
On m’a posé la question de savoir : «Est-ce qu’il y aura des mandats de dépôt contre les candidats ?» Je ne sais pas. Mais de toute façon, il y a 42 personnes qui ont été déférées au Parquet. Nous avons requis le placement sous mandat de dépôt de 16 d’entre elles. Donc, il appartiendra au juge de prendre la décision de les placer sous mandat de dépôt ou non. On a, autant pour moi, demandé l’inculpation de 42 personnes et le placement sous mandat de dépôt de 16 d’entre elles (….)».

msakine@lequotidien.sn

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