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Cheikh Ahmed Tidiane Sy, Abdoul Aziz Sy Al Amine, Moustapha Cissé, El Hadj Ibrahima Niasse ont tous été rappelés à Dieu en 2017. Témoin de la disparition de tous ces guides religieux, 2017 a été certainement l’une des années les plus tristes pour les familles maraboutiques. Elle aura été riche en émotion pour de nombreux fidèles musulmans.

L’année 2017 aura été celle où le Sénégal a perdu 4 de ses guides religieux. Cette année qui tire à sa fin a vu la disparition des deux khalifes généraux des Tidianes. Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Makhtoum est décédé le 15 mars 2017. A la tête de la confrérie tidiane depuis 2012, Serigne Cheikh aura marqué son règne par ses rares apparitions. Com­me son nom Al Makhtoum, il a vécu caché. Erudit mystique, Serigne Cheikh, adulé par ses disciples qui ne rataient pas ses prêches dans lesquels il touchait à tous les sujets, se sont sentis orphelins et peinés par cette disparition. Abdoul Aziz Sy Al Amine, qui a été longtemps le porte-parole de cette famille, va succéder à Al Makhtoum. Mais il ne va régner que durant 6 mois. Abdoul Aziz Sy est rappelé à Dieu le 22 septembre 2017. Un nouveau coup dur pour les talibés tidianes qui perdent un autre guide qui a été le porte-parole de la confrérie de Serigne Abdoul Aziz Sy à Cheikh Ahmed Tidiane Sy, en passant par Serigne Mansour Sy. Pas l’ombre d’un doute, Abdoul Aziz Sy avait fini de marquer les esprits des membres de cette confrérie et d’y confondre son image. Connu pour ses prises de positions tranchées, il était considéré comme un régulateur social qui jouait aux bons offices pour réconcilier des hommes politiques en brouille, ou trouver des solutions entre les syndicats et les autorités étatiques dans des périodes difficiles. A chaque fois que la situation l’exigeait, il est intervenu. Sa disparition et celle de son frère cette année ont été des moments difficiles pour les talibés, mais aussi pour beaucoup de Sénégalais qui les considéraient comme des modèles.
2017, c’est aussi l’année au cours de laquelle Pire a perdu son khalife. Moustapha Cissé, homme religieux et diplomate, est décédé le 24 juin à l’âge de 89 ans. En plus de sa casquette d’homme religieux, il a aussi servi la Nation en tant que diplomate. Il a été pendant plusieurs années ambassadeur et con­seiller spécial des Présidents Léopold Senghor et Abdou Diouf. Devenu khalife de la famille religieuse de Pire en 1990, Moustapha Cissé a eu à jouer un rôle très important dans le rayonnement du Gamou de Pire, devenu aujourd’hui un évènement religieux international. Cela a fortement contribué à l’évolution de la ville qui a bénéficié du Programme de modernisation des cités religieuses, notamment dans les secteurs des infrastructures routières avec sa voirie moderne. Moustapha Cis­sé, en plus de ses postes d’ambassadeur dans les pays arabes, a aussi eu à diriger le commissariat général au pèlerinage à la Mecque.
Autre famille religieuse en­deuillée cette année, celle de Léona Niassène avec la disparition du khalife El Hadj Ibrahima Niasse. Khalife de cette famille de 2011 à 2017, il a été rappelé à Dieu le 9 novembre à l’âge de 85 ans. Imam de la grande mosquée de Léona pendant des années, El Hadj Ibrahima Niasse a aussi supervisé les travaux de sa rénovation et de la construction de l’esplanade qui entrent dans le cadre du Programme de modernisation des cités religieuses. A travers les différents témoignages formulés après son rappel à Dieu, on retient de lui un homme de Dieu au service de sa communauté.
4 guides religieux disparus la même année, 2017 sera celle que de nombreux fidèles musulmans ne vont pas oublier. Elle fut riche en émotion si on se fie à la consternation, à l’émoi, la ferveur que l’annonce de ces différentes disparitions de chefs spirituels a suscitée. 2017 restera certainement une des plus tristes pour les familles maraboutiques.
dkane@lequotidien.sn

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