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Dans de nombreuses régions du monde, le traitement et la prévention des troubles liés à la consommation de drogue font défaut. Dans un rapport publié par l’Onudc, il est constaté que 35 millions de personnes seraient atteintes de troubles liés à la consommation de cette substance. Le document révèle aussi l’augmentation de la gravité et de la complexité de la situation mondiale de la drogue.

Les données révélées par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime montrent que les conséquences néfastes de la consommation de cette substance sur la santé sont plus graves que ce que l’on croyait. Selon le dernier rapport publié par cette organisation sur la drogue dans le monde, «35 millions de personnes seraient atteintes de troubles liés à l’usage de drogues et nécessiteraient des services de traitement». Alors que «la prévention et le traitement continuent de faire défaut dans de nombreuses régions du monde, avec seulement une personne sur sept souffrant de troubles liés à l’usage de drogues recevant un traitement chaque année». Selon le rapport, cela «est particulièrement frappant dans les prisons». Le document renseigne que «la prévalence de maladies infectieuses telles que le Vih, l’hépatite C et la tuberculose active, ainsi que les risques connexes, est disproportionnellement plus élevée parmi la population carcérale que parmi le reste de la population». Il s’agit en particulier des consommateurs de drogues injectables en prison. Le rapport souligne que «cinquante-six pays ont déclaré avoir dispensé un traitement de substitution aux opioïdes dans au moins une prison en 2017, tandis que 46 pays ont déclaré ne pas disposer d’un tel traitement en milieu carcéral». De même, il a été noté que «les programmes d’échange des aiguilles et des seringues sont beaucoup moins disponibles en prison». 11 pays seulement ont déclaré leur disponibilité dans au moins une prison, alors que de «tels programmes ont été décrétés absents dans 83 pays». Les enquêtes menées par cette organisation montrent également la quasi-absence des interventions thérapeutiques efficaces fondées sur des preuves scientifiques et conformes aux obligations internationales en matière de droits de l’Homme. Selon les auteurs du document, ces interventions ne sont disponibles ni accessibles. Ils recommandent d’ail­leurs «aux gouvernements na­tio­naux et la Communauté inter­nationale d’intensifier leurs interventions pour combler cette lacune».
Le document de l’Onudc révèle aussi une augmentation du nombre de consommateurs des opioïdes. Ils sont estimés à 53 millions dans le monde «soit une hausse de 56% par rapport aux estimations précédentes». Dans le document, il est précisé que «les opioïdes sont responsables des deux tiers des 585 000 personnes décédées des suites de l’usage de drogues en 2017». Dans la même veine, il est souligné qu’à l’échelle mondiale, «11 millions de personnes se sont injecté des drogues en 2017, dont 1,4 million de personnes vivent avec le Vih et 5,6 millions avec l’hépatite C». Cette situation fait dire au directeur exécutif de l’Onudc que «les conclusions du rapport mondial sur les drogues de cette année complètent et compliquent encore la situation mondiale en matière de drogue». Pour Yury Fedotov, il faut nécessairement «une coopération internationale plus large pour faire progresser les réponses équilibrées et intégrées en matière de santé et de justice pénale à l’offre et à la demande».

«Augmentation de la gravité et de la complexité de la situation mondiale de la drogue»
Le rapport montre aussi une augmentation de la consommation de la drogue. Selon les données de l’Onudc, «une vision à plus long terme révèle que le nombre de consommateurs de drogues est maintenant 30% plus élevé qu’en 2009». Précisant que cette augmentation était en partie due à une croissance de 10% du nombre de consommateurs au sein de la population mondiale comprise entre 15 à 64 ans, les auteurs du document informent que «les données montrent désormais une prévalence plus élevée de la consommation d’opioïdes en Afrique, Asie, Europe et Amérique du Nord». A cela s’ajoute la prévalence élevée de la consommation de cannabis en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et en Asie par rapport à 2009. S’agissant de la fabrication illicite de cocaïne estimée dans le monde, elle a atteint «le chiffre record de 1 976 tonnes en 2017, soit une augmentation de 25% par rapport à l’année précédente». Parallèlement, informe l’Onudc, «la quantité mondiale de cocaïne saisie en 2017 a augmenté de 13%, atteignant 1 275 tonnes, soit la plus grande quantité jamais enregistrée». Par ailleurs, le document renseigne que «la drogue la plus largement utilisée dans le monde reste le cannabis, avec une estimation de 188 millions de consommateurs en 2017».
dkane@lequotidien.sn

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