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L’usine les Ciments du Sahel, située à Mbour, a incinéré 1 107 des 1 110 kg de cocaïne saisis au Port de Dakar et dans diverses opérations des Forces de défense et de sécurité. Une saisie évaluée à 250 milliards de francs Cfa.

A peine entre-t-on dans la zone industrielle de Kirène (Mbour) qui abrite l’usine les Ciments du Sahel qu’on est étourdi par le fracas des machines bruyantes et terribles. Dans un trou abyssal, les flammes décomposent les paquets scotchés de 1 107 kg de cocaïne. «Dans ce trou, il fait 1 600 degrés», lance un technicien aux ministres Abdoulaye Daouda Diallo et Aly Ngouille Ndiaye sous une chaleur accablante. Casques de chantier, masques de protection industrielle, les deux ministres jettent avec fierté les paquets dans les impressionnantes braises. «La saisie globale tournerait autour de 250 milliards de francs Cfa. Un seul gramme de cocaïne ne vaut pas moins de 80 mille francs», s’est réjoui M. Diallo, ministre des Finances et du budget, samedi lors de la cérémonie d’incinération de la cocaïne saisie ces derniers mois.

Saisie évaluée à 250 milliards de francs Cfa
Au total, ce sont 1 110 kg de drogue dure qui ont été saisis. Une quantité que le Sénégal n’a jamais appréhendée, selon le ministre des Finances et du budget, précisant que les 3 kilos restants sont à la disposition de la justice dans le cadre de l’enquête. Mais cette saisie record rime avec sécurisation. Lourdement armées, les Forces de défense et de sécurité ont jalonné les lieux pour exhiber ce qu’on peut appeler un trophée de guerre pour les autorités dans la lutte contre le trafic illicite de stupéfiants. «Ce travail a été particulièrement bien mené par nos Forces de défense et de sécurité. C’est l’occasion de féliciter nos soldats de l’économie, en l’occurrence la Douane sénégalaise, pour leur abnégation de tous les jours. Ce résultat aussi est le fruit d’une collaboration importante de nos Forces de défense et de sécurité avec la douane, la police, la gendarmerie», salue ADD.

«Enquête en cours»
L’Etat du Sénégal se dit «résolument déterminé» à traquer ce mal que constitue le trafic de drogue afin de «faire de sorte que le Sénégal ne devienne pas une plaque tournante de la drogue». Le ministre des Finances est formel : «On ne peut pas être un pays de transit. Ce n’est pas possible. On connaît l’origine de cette drogue et sa destination. Le Port de Dakar pouvait constituer à la limite un port d’éclatement. Mais nous pensons que le travail qui vient d’être mené à ce niveau, c’est un mal que nous arriverons à vaincre s’il plaît à Dieu.» Il a également justifié le choix d’incinérer la drogue dans les locaux des Ciments du Sahel. «Les incinérations aux Mamelles nous prenaient beaucoup de temps et il restait des résidus. Avec la technologie des Ciments du Sahel, la drogue est incinérée à plus de 1 600 degrés. Il n’y a presque pas de chances qu’il puisse y avoir de résidus», explique-t-il.
S’il s’est montré peu prolixe sur l’enquête, précisant qu’elle «est en cours», le ministre des Finances a donné des indications sur le sort des navires interceptés au port de Dakar contenant de la cocaïne. «Ces navires sont saisis par l’Etat, donc entre les mains de la justice. On va voir ce qui est possible dans les semaines à venir. Elles seront mises aux enchères ou on va voir avec l’armateur quelles sont les possibilités d’avoir un terrain d’entente», conclut M. Diallo.
bgdiop@lequotidien.sn

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