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Dans un rapport de 26 pages, le Département d’Etat américain liste ses constats par rapport au respect des droits de l’Homme au Sénégal. Selon le document, malgré les efforts de l’Etat contre les abus, l’impunité existe toujours à cause des enquêtes, qui aboutissent très rarement.

Le Département d’Etat américain a publié son rapport annuel sur les droits de l’Homme dans le monde. Bien sûr, le Sénégal y figure en bonne place à l’image de 200 autres pays passés au peigne fin de la loupe des Etats-Unis, qui utiliseront leur «in­fluence» et leur «pouvoir» pour amener tous les Etats à adopter des pratiques meilleures et plus cohérentes des droits de l’Homme, a déclaré le secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, au mo­ment de rendre publique l’édition 2018 des Rapports sur les pratiques relatives aux droits de l’Homme.
Chez nous, le rapport note l’impunité par rapport aux cas de meurtre présumés commis par les agents du gouvernement. A l’image de Fallou Sène. «Le 15 mai 2018, un chef d’unité de la gendarmerie a tiré et tué un étudiant en deuxième année lors d’un affrontement entre étudiants et forces de sécurité à l’université Gaston Berger de Saint Louis», rappelle le rapport. Qui ajoute que jusqu’à la fin de l’année, l’enquête était toujours pendante et qu’il n’y avait eu aucune arrestation, une situation qui met en rogne encore les étudiants de l’université Gaston Berger de Saint-Louis. D’après le document, le cas Mamadou Diop, un jeune commerçant, qui a perdu la vie suite à son arrestation par des policiers et dont l’autopsie a révélé qu’il est mort à cause des blessures à la tête, est logé à la même enseigne que l’affaire Fallou Sène quant au non-aboutissement de leurs dossiers pas encore élucidés. «La Division des investigations crimi­nelles(Dic) a la charge d’enquêter sur les abus des Forces de l’ordre mais était inefficace pour lutter contre l’impunité et la corruption et que le gouvernement n’avait de mécanismes efficaces pour punir ces pratiques», remarque le Département d’Etat américain. Selon les Nations unies, dit le rapport, trois allégations d’exploitation et d’abus sexuels contre des Casques bleus sénégalais à la Rdc et à la Rca étaient en suspens en 2018. Il note que deux cas ont été signalés en 2017 et une autre allégation de 2016 était également en suspens.

Cas d’exactions
Concernant les conditions de détention des prisonniers, le rapport constate le surpeuplement carcéral comme le montre «la principale prison de Dakar, Rebeuss, qui contient plus de deux fois le nombre de détenus pour lesquels elle a été conçue». A en croire le document, les femmes détenues sont dans de meilleures conditions que les hommes. Aussi, «les nourrissons et les nouveau-nés étaient souvent gardés en prison avec leur mère jusqu’à l’âge d’un an sans cellules spéciales, sans assistances médicales ni rations alimentaires supplémentaires».
Pour le respect de la liberté d’expression, le rapport évoque l’arrestation du maire de Mer­moz Sacré-Cœur, Barthé­lemy Dias, pour avoir fait des remar­ques sur la justice et appelé les partisans de Khalifa Sall, condamné à 5 ans de prison, à manifester contre cette décision, qui frappe l’ancien maire de la ville Dakar.
Par ailleurs, les Etats-Unis sont revenus aussi sur les cas de corruption cités par l’Ofnac, qui avait conclu dans son rapport de 2016 que la corruption, l’enrichissement illicite, l’abus de pouvoir et la fraude ont été notés dans les institutions gouvernementales, notamment les ministères de la Santé et de l’Edu­cation, les services postaux et l’administration des trans­ports.

L’affaire Sakiné
Quid du fonctionnement des médias publics ? «Le président de la République contrôle directement ou indirectement le choix des membres du staff exécutif de la Rts. Toutes les autres agences de presse publiques (Agence de presse sénégalaise et le Soleil) sont dirigées par des membres du parti au pouvoir nommés par le Président Macky Sall et que les reportages effectués par ces dernières comportent souvent un parti-pris au profit du gouvernement», note le Département d’Etat américain.
Dans son rapport, les Etats-Unis sont revenus sur l’agression d’un reporter du journal Le Quotidien, le 3 septembre 2018. Ils rappellent qu’un gendarme a physiquement attaqué et blessé et confisqué l’appareil de Mamadou Sakiné, qui l’avait photographié alors qu’il était en train d’agresser une femme devant la Cour d’appel de Dakar. Les autorités avaient annoncé une enquête mais rien n’a été fait contre le gendarme, dit le Département d’Etat.
Il faut savoir que ce rapport est publié tous les ans depuis 1977 par le Département d’Etat dans le cadre de son action contre «les violations des droits de l’Homme, où qu’elles se produisent», explique M. Pompeo cité par share.america.gov.

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