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Au-delà du nom de ce quartier de Biarritz qui réveille de douloureux souvenirs, liés à son autre appellation, «la Négresse», le sommet du G7 où s’est rendu le président de la République ainsi que quelques-uns de ses pairs africains présentait une drôle de scène… En vérité, entre les dirigeants des 7 pays les plus industrialisés du monde et les invités à la tête de 5 pays africains entretenant avec la France (particulièrement) des relations de partenariat, en tant qu’ils sont engagés dans la lutte pour la protection et la promotion des libertés individuelles, une note d’intrigue a été facilement perceptible, si on regarde la manière dont la promotion des libertés individuelles et la bonne gestion des marchés publics s’opère, au Sénégal particulièrement.
Peut-on encore parler de libertés individuelles et de lutte contre l’inégalité tout en maintenant toujours aussi profond le fossé entre hommes et femmes, car, il faut le souligner, les idées et esprits des femmes peinent à être représentés au niveau législatif au sein de nos gouvernements ? Peut-on parler de libertés individuelles et de lutte contre l’inégalité lorsque les cris d’alerte dénonçant la mendicité et le mauvais traitement des enfants de la rue résonnent toujours ? Sans oublier l’épineuse question liée à la lutte commune contre la corruption, si l’on garde encore intact le récent scandale du gaz et du pétrole qui a finalement signé le désaveu du frère du président de la République qui gérait ce patrimoine important et qui a fini par sonner le glas de ce cri de guerre lié à la transparence dans les marchés publics…
Autant de réalités que nous avons vécues ou que nous continuons de vivre et qui justifient d’un certain malaise qui n’a sûrement pas manqué de frapper le Président invité à ce sommet de Biarritz. Ceci pour dire que le fameux sommet a forcément consacré une drôle de scène, si l’on sait que le Président était appelé à se prononcer sur la lutte contre les inégalités dont son discours du 8 mars dernier s’est déjà fait l’écho. Pourtant, ce quinquennat dernier consacre toujours une inégalité, une forme de discrimination des femmes dont la présence n’est pas toujours notée au niveau des instances législatives – comme du reste il l’avait promis. L’Association des juristes sénégalaises (Ajs) insiste toujours sur l’importance de prendre en compte les droits des femmes et des enfants, preuve que certains droits sont restés non-effectifs ; ce qui creuse toujours le fossé de la discrimination, surtout qu’à cela s’ajoute le fait que la parité ne s’applique qu’aux instances électives et semi-électives, et non aux postes de nomination. Preuve que l’épineuse question liée à la lutte contre les inégalités doit être maniée avec prudence, tout comme la question relative à la transparence dans la gestion des marchés publics.
A moins que le Président français, qui a pris l’initiative de l’invitation de 5 de nos pays africains, n’ait voulu revivre le Sommet de la Baule qui avait donné l’occasion à François Mitterrand d’exercer son art de tribun, en tenant un discours empreint de leçons aux dirigeants africains et qui en appelait à l’ouverture vers plus de démocratie.
Toujours est-il que ce sommet a été à n’en pas douter une occasion de remise en question pour toute ces «démocraties» africaines confrontées encore à des paradoxes dans l’exercice de leur souveraineté.

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