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Je retiens, à l’instar d’autres compatriotes, que le fait d’avoir maintenu pendant sept ans une grande coalition, Benno bokk yaakaar, est un gage de succès pour le Président Macky Sall. En effet, cela a favorisé une cohésion ou un «partenariat», fort appréciable, dans l’attelage gouvernemental et, d’une manière générale, dans le cadre de la gestion des affaires publiques dans le pays. Il faut également souligner que, au-delà du génie du leader de ladite coalition, la loyauté de tous ses alliés a été sans faille.
A ce stade, je peux comprendre que des alliés manifestent naturellement leur intention de poursuivre cette expérience politique qui, au début, a attiré mon attention. Dans l’un de mes textes, intitulé «Logique de partage et justesse d’un mode de gouvernance», je précisais : «La place que le Président Macky Sall a décidé d’accorder à ses alliés ou consentira à leur accorder de nouveau ou à d’autres Sénégalais ne doit plus, à mon avis, susciter tous azimuts des cris d’orfraie au sein de sa propre formation…» Selon cet objectif, ceux qui ont accompagné le chef de l’Etat durant le septennat, ainsi que les acteurs politiques qui l’ont rejoint avant la campagne électorale, songeront à réclamer des postes, lesquels postes ne devront pas tout de même être considérés comme des strapontins ou des sinécures. Pendant ce temps, les desiderata des segments de la population, par rapport au second mandat du président de la République, ne semblent pas avoir de limites. Je suppose donc qu’il aura intérêt à préserver d’abord ce qu’il a largement et habilement construit : le mode de gouvernance adopté depuis lors. Néanmoins, il lui sera aussi loisible de tirer davantage profit de son talent de rassembleur et, en conséquence, de compter sur un cercle moins restreint des forces vives de la Nation. Il pourra travailler, après sa prestation de serment, avec d’autres compatriotes, en les choisissant sur la base de leur compétence et de l’éthique. L’engagement militant ne deviendra pas, à tous points de vue, le critère déterminant pour se retrouver à des niveaux de responsabilité plus ou moins élevés. Cette recherche d’un nouveau souffle n’aura comme corollaire qu’une décision d’entreprendre avec autant d’efficacité que de célérité, sur une durée moins longue cette fois-ci.
D’ailleurs, une telle remarque m’amène à rappeler les deux atouts qui constituent fondamentalement la base de l’action de l’homme d’Etat, à la tête du pays. Je veux parler de sa vision et de son pragmatisme. C’est ainsi qu’il a très tôt fait évoluer son «Yoonu yokkute» en un programme d’une dimension maximale, le Pse. Alors, il a eu l’excellente idée de nous doter d’infrastructures dignes de ce nom, comme l’aéroport international Blaise Diagne, un nombre considérable de kilomètres de routes et d’autoroutes entre 2012 et 2016, des ponts dont celui de l’Emergence, le Ter, une compagnie aérienne. J’allais oublier le pont de Farafeny, ou le pont de la délivrance, qui vient d’être inauguré. Parallèlement, il prit des mesures à impact social ou pour la lutte contre l’exclusion ou les inégalités. A ce sujet, la liste ne peut pas être exhaustive ici. Je cite par exemple : la stabilité des prix des denrées de première nécessité, l’augmentation des pensions de l’Ipres, avec l’espoir d’une attention particulière à porter aux retraités du Fnr, la Cmu, la gratuité de la césarienne pour les femmes, l’amélioration des conditions de vie des habitants des zones rurales et des localités frontalières par le Pudc et le Puma, la matérialisation des revendications des syndicats des secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur, la construction de nouveaux pavillons pour les étudiants et d’autres acquis pour eux, les bourses de sécurité familiale et les cartes d’égalité des chances. Il a pu, dans une certaine mesure, satisfaire la demande sociale, ce que je n’avais pas eu l’occasion de constater de manière très nette avant son accession à la magistrature suprême.
Je ne m’étais pas abstenu de faire cas de cette situation : «La réélection de ce dernier en 2007, dans un contexte où l’opposition dite significative n’avait pas eu le temps d’affiner des stratégies de lutte afin de donner l’estocade à un monstre politique, ne l’avait pas incité à poser immédiatement des actes susceptibles de déboucher sur de tangibles réalisations à caractère social…» (dans Le Quotidien du 29 mars 2012). Parce que celui, qui fut pendant des années l’artisan des chantiers du maître, n’a pas oublié les préoccupations essentielles et politiques, comme je le dis souvent, de nos concitoyens, il a mérité de continuer à diriger le pays. Et, au vu de la voie qu’il a déjà empruntée, il n’hésitera pas à apporter encore des réponses favorables à des exigences de cet ordre.
J’affirme en fin de compte, s’agissant du «partenariat» qui a marqué son septennat, de ce besoin d’un nouveau souffle ou de l’empreinte qu’il imprimera désormais à son action, seul le Président de tous les Sénégalais aura le dernier mot. Il ne tardera pas, sûrement, à décider pour le plus grand bien de chacun de nous.

Badiallo dit Boucounta BA
Formateur de professeurs et d’inspecteurs
du Moyen/ Secondaire
Ancien Chef du Département de Langues Romanes à la
Fastef/Ucad

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