PARTAGER

«Nous gagnons ensemble et nous gouvernons ensemble» !
Cette phrase a été au cœur de toute la stratégie du Président Macky Sall afin d’engager et de mettre à l’aise tous les membres de Benno bokk yaakaar et au delà de toute la grande majorité présidentielle.
Nous avons tous constaté qu’il a aussi autant que faire se peut essayé de traduire en acte sa pensée. Nombreux sont au­jourd’hui les membres de ces partis alliés qui bénéficient de postes de responsabilité et des fois même, au détriment de ceux de son propre parti.
On peut présentement dire sans risque d’être démenti que «waathio na ak yeen».
Ce que nous constatons dernièrement ne nous rassure pas si l’on sait que «gouverner ensemble» ne veut pas tout simplement dire «partager le bonheur». Ce slogan va au delà et embrasse aussi les moments difficiles.
Certains responsables de la mouvance se taisent et s’emmurent dans un silence intrigant chaque fois que le Président est attaqué par l’opposition. Cette dernière est bien dans son rôle et ne s’arrêtera que quand sera fini le mandat du Président Macky Sall. Celui qui aura la lourde tâche de le remplacer fera ensuite face à une autre opposition qui n’aura de cesse de l’attaquer, et ainsi de suite jusqu’à la fin des temps. C’est cela le cercle fermé où se meut toute démocratie. Ce qui est normal d’ailleurs.
Ce qui est incompréhensible, c’est la peur et la léthargie qui habitent les membres de la mouvance présidentielle. Ils s’enferment dans une spirale de silence qui expose au danger le second mandat du président de la République et même toutes les politiques publiques.
De quoi avez-vous peur ? De l’opinion publique ? De quoi est elle faite cette opinion ?
On peut décrire l’opinion publique comme cette opinion dominante qui commande une attitude et un comportement de soumission, en menaçant d’isolement l’individu récalcitrant, et le politicien d’une perte de soutien populaire. De ce fait, le rôle actif d’initiateur d’un processus de formation de l’opinion, est réservé à quiconque peut résister à la menace d’isolement. C’est ce rôle d’initiateur qu’il faudra épouser et mener, afin de participer à la formation de cette opinion publique.
Pourquoi laisser la moutarde monter ? Vous n’avez rien à dire ?
Tonnies écrit : «L’opinion publique prétend toujours faire autorité. Elle exige le consentement. A tout le moins, elle contraint au silence, ou à éviter de soutenir la contradiction.»
Bryce lui, parle d’une majorité qui reste silencieuse car elle se sent vaincue : «Le fatalisme de la multitude, n’est pas le fait d’une contrainte morale ou légale. Il s’agit d’une perte du pouvoir de résister, d’un sens affaibli de la responsabilité personnelle et du devoir de se battre pour ses propres opinions.»
Il vous faut comprendre les six choses suivantes :
Si une majorité est considérée comme une minorité, elle tendra à décliner dans le futur.
Inversement si une minorité est perçue comme majoritaire, elle ira en augmentant.
Si les membres d’une majorité ne prévoient pas que celle-ci puisse se maintenir dans le futur, elle déclinera.
Inversement si la croyance en une évolution favorable est largement partagée, il faudra beaucoup de temps à ses membres pour qu’ils changent d’opinion.
Si l’incertitude quant à ce qu’est l’opinion dominante, ou ce qu’elle sera, augmente, c’est qu’un renversement de l’opinion dominante est en cours.
Si deux factions se distinguent nettement quant à leurs dispositions respectives à exposer leurs vues en public, celle qui montre la disposition la plus grande sera vraisemblablement dominante dans le futur.
En combinant ces six points, on peut conclure qu’une minorité convaincue de sa domination future et, par suite, disposée à s’exprimer, verra son opinion devenir dominante, si elle est confrontée à une majorité doutant que ses vues prévalent encore dans le futur, et donc moins disposée à les défendre en public. L’opinion de cette minorité devient une opinion qu’on ne peut désormais contredire sans courir le risque de quelque sanction. Elle passe ainsi du statut de simple opinion d’une faction à celui d’opinion publique.
Maintenant, s’emmurer dans le silence risque de ne rien vous ap­porter. Au contraire, vous risquez de tomber dans cette spirale du silence née de ce terrorisme intellectuel que l’on constate partout, surtout dans les réseaux sociaux.
A part quelques rares personnes, on ne vous entend plus. Où sont les structures régulières de l’Apr et de Bby ?
Je suis sûr et certain que si tout ceci se passait juste après la Présidentielle de 2019 ou avant la mise en place du gouvernement, vous ne vous tairez pas.
«Bouleen Macky gueun gooré waay» !
Souleymane LY
Spécialiste en communication
julesly@yahoo.fr

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here