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La situation pastorale est alarmante dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel. C’est ce que montrent les données de la note d’information réalisée sur l’impact du coronavirus sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans la zone.

Les données recueillies sur l’impact de la crise du Covid-19 sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel et en Afrique de l’Ouest montrent que le secteur de l’élevage est fortement impacté par cette pandémie. Les auteurs du document rappellent que «bien avant le début de la pandémie du Covid-19, le contexte sécuritaire et les conséquences des déficits de biomasse enregistrés en 2019 (à l’ouest du Sahel notamment) avaient entraîné une exacerbation des difficultés additionnelles pour les populations pastorales». Avec le coronavirus, il est noté que dans les pays de la zone Cilss, la situation est «alarmante au Tchad, au Burkina Faso, au nord du Sénégal et au nord du Ghana». D’après le document, «la situation est considérée comme une urgence dans certaines zones administratives du nord Sénégal et à Tillabéry, Tahoua et Diffa au Niger (zones de conflits du Liptako Gourma et du Bassin du Lac Tchad)». La note ajoute que «les filières pastorales et leurs acteurs demeurent toujours fortement impactés par les mesures additionnelles liées à la gestion de la crise du Covid-19». Les experts des organisations ayant participé à la réalisation de ce document renseignent que «les fortes concentrations animales affectent de nombreux troupeaux dont la survie dépend de l’accès à l’aliment». Et cet accès, regrettent-ils, est peu disponible à cause des «dysfonctionnements de l’approvisionnement de certains marchés, faible pouvoir d’achat des éleveurs, limitation des déplacements entre zones rurales et urbaines)». Le document souligne que «dans tous les pays sahéliens, les seuils d’alerte sur la disponibilité de biomasse sont atteints, avec des niveaux critiques dans le sud de la Mauritanie, le nord du Sénégal et au Tchad». Pis, souligne le document, «des cas d’urgence sont observés au Niger et au Sénégal». De même, il est constaté que «l’accès au pâturage dans les zones pastorales est difficile dans les pays sahéliens». «Des zones inaccessibles au-delà du seuil d’alarme de 75% sont observées au Tchad, au Niger, en Mauritanie, au Sénégal et au Nigeria», a-t-on ajouté. Il a été aussi observé qu’à cause de la fermeture des frontières, «la transhumance transfrontalière demeure fortement perturbée». «Cette fermeture des frontières aggrave la concentration animale anormalement élevée dans les zones transfrontalières avec des risques zoo-sanitaires d’exacerbation des conflits», a-t-on alerté.

Hausse du prix des denrées durant le mois de mai
Que dire de la situation des marchés en mai 2020 ? Les données montrent que «d’une manière générale, aucun pays n’a maintenu la fermeture de plus de 60% de ses marchés agricoles alors que les marchées à bétail restent pour l’essentiel fermés». Toutefois, précise le document, «dans certaines zones ou régions du Nigeria, du Tchad et du Sénégal, 60% à 100% des marchés sont restés fermés en mai 2020». Concernant le Sénégal, les experts soulignent que 11 zones «Bambey, Birkilane, Malem Hodar, Médina Yoro Foula, Dagana, Saint-Louis, Bakel, Koumpentoum, Tivaouane, Tambacounda ont totalement fermé leurs marchés à bétail alors que le taux de fermeture des marchés agricoles dans les mêmes zones est de 55%». La disponibilité des denrées alimentaires a été aussi étudiée. Il a été noté qu’elle est «satisfaisante dans l’ensemble de la région, et en baisse dans la plupart des marchés par rapport à la situation habituelle». Analysant le prix des denrées alimentaires, les auteurs du document renseignent que «comparativement au mois d’avril, les prix des principales denrées alimentaires de base ont connu une tendance globale à la hausse» pour le mois de mai.
Concernant la situation générale dans les 12 pays, le constat est que «les activités génératrices de revenus (petit commerce, travail occasionnel, vente de la main-d’œuvre, etc.) sont perturbées dans la plupart des pays, exceptées au Burkina Faso, au Bénin, au Ghana, au Mali et au Niger où les activités fonctionnent normalement de 70 à 90%».

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