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Il faudra à l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) et à l’Etat beaucoup de tact pour ne pas aggraver la colère des populations de Cambérène. Celles-ci n’en peuvent plus de voir les eaux usées continuer à être déversées à partir de la bouche de l’émissaire située sur la corniche de leur localité, à moins de 5 mètres des habitations.

Les populations de Cam­bérène, regroupées autour du Comité d’initiatives pour la défense de Cambérène (Cidec), en veulent à l’Etat et à l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas). La raison de leur colère est justifiée par le déversement des eaux usées à partir de la bouche de l’émissaire située sur la corniche à moins de 5 mètres des habitations. Consé­quen­ces : «Depuis plus de deux semaines, les populations de Cambérène sont en train de vire une situation des plus dramatiques», indique le Cidec à travers une déclaration publique.
«Trop c’est trop, il faut mettre un terme aux agissements de l’Onas et au manque de considération de l’Etat pour la capitale religieuse des Layènes», martèlent les membres du Cidec. Qui «fustigent avec la dernière énergie le comportement et les agissements de l’Onas et le tiennent pour responsable de tout ce qui adviendra». Elles «avertissent que si la situation n’est pas rétablie au plus vite, elles prendront leurs responsabilités, advienne que pourra».
Les eaux usées constituent «le trop-plein qui n’a pu être évacué correctement par l’émissaire qui a dépassé depuis très longtemps ses capacités réelles de traitement». A titre d’illustration, le Cidec renseigne que «sur les 8 millions de m3 d’eaux usées reçues par la station de Cam­bérène, seuls 227 000 m3 sont traitées jusqu’à un niveau tertiaire (niveau permettant d’éliminer toutes les bactéries présentes), soit 2,8% seulement. La majeure partie étant déversée en mer après un traitement secondaire pour une partie et une bonne partie de cette eau fait l’objet de lâchers by pass (eau usée brute)». «C’est dire donc qu’en l’état actuel, aucune innocuité n’est garantie», expli­que encore le Cidec.
Estimant que «Cambérène ne quémande rien», parce que ne faisant que «réclamer justice, équité et égalité pour tous les citoyens», le Cidec considère que «le droit à un environnement sain est consacré par la Constitution».
mdiatta@lequotidien.sn

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