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La Conférence régionale sur les opportunités d’échanges de produits agricoles et agroalimentaires et du bétail dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest (Corpao) veut booster le commerce régional. Ce cadre qui regroupe des délégués des 17 pays membres du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (Cilss), de la Cedeao et de l’espace Uemoa est en conclave à Dakar. Durant trois jours, les responsables du Cilss vont d’abord faire connaître aux opérateurs économiques qui viennent du Tchad, du Mali, du Bétail, du Niger, du Ghana, de la Mauritanie et du Togo les opportunités d’affaires qui existent dans les différents pays membres. Ce, pour que les uns et les autres puissent savoir ce qu’il y a comme opportunité dans les autres pays. Le but aussi, selon Moussa Cissé, coordonnateur régional d’appui accès aux marchés du Cilss, basé à Bamako, est de permettre aux opérateurs économiques de nouer des contacts avec d’autres opérateurs en temps opportun.
C’est dans ce cadre que les acteurs ont mis en place des mécanismes de rencontre comme la Corpao, chargée entre autres missions de promouvoir un marché régional fort. D’édition en édition, elle présente les différentes filières importantes, les céréales et le bétail. Depuis quelques années, les initiateurs ont introduit les filières tubercules pour permettre à ceux qui sont intéressés d’investir dans celles-ci.
La Corpao commence à avoir du succès. Le coordonnateur convoque l’édition de 2014 organisée à Abidjan. Celle-ci avait permis à beaucoup d’opérateurs d’investir dans l’atiéké. «Nous avons constaté que les opérations commerciales en provenance de la Côte d’Ivoire vers les pays du Sahel ont augmenté. Le poisson fumé et séché de la Guinée Bissau a eu également le même succès», fait savoir Moussa Cissé.
Quant à notre pays, souligne le colonel Alioune Diouf, représentant du Cilss au Sénégal, il y a beaucoup d’opportunités. «Nous sommes un pays sahélien. Nous produisons des céréales, des oléagineux, de la viande, du lait, du poisson et ses dérivés. Tout cela peut faire l’objet d’échanges avec les autres pays de la sous-région», révèle-t-il. Mais, ajoute le colonel Diouf, «il faudrait que nos opérateurs se préparent à saisir ces opportunités et c’est tout l’enjeu de cet atelier».

Des milliards et des milliards en jeu
D’ailleurs, le potentiel de ce commerce n’est pas encore exploité, de l’avis de Moussa Cissé. «Nous avons un dispositif régional qui permet de suivre quelques points de passage entre les pays, les flux des produits agricoles et du bétail. Nous essayons de documenter le flux commercial et cela porte sur des milliards. Et c’est uniquement sur quelques points de passage. Du Mali vers le Sénégal, de la Mauritanie vers le Sénégal, de la Mauritanie vers le Mali, puis le Sénégal concernant le bétail. Pour les céréales, c’est du Niger vers le Nigeria en passant par le Bénin», renseigne M. Cissé.
La Corpao qui veut porter ce commerce à l’échelle régionale devra aussi régler quelques soucis, notamment la question de l’insécurité. «Le conflit au nord Mali et dans toute la bande du Sahel n’arrange en rien les déplacements des opérateurs. L’axe Ndjamena-Mali freine un peu les déplacements», regrette Moussa Cissé. Le Cilss, soucieux de la sécurité des biens et des personnes, est en train aussi de voir avec les moyens de paiement électronique. «Il n’est pas très sûr de se déplacer avec des sacs d’argent d’un pays à un autre», conclut-il.
ndieng@lequotidien.sn

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