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Plus de place dans la seconde phase du Plan Sénégal émergent (Pse), c’est ce que réclame le secteur privé. Les représentants du patronat sénégalais l’ont exprimé hier à l’occasion d’un atelier d’échanges de la Direction générale de la planification et des politiques économiques (Dgppe) portant sur la phase II du Pse prévu de 2019 à 2023.

La première phase du Plan Sénégal émergent (PSe) s’est achevée avec des taux de croissance dépassant les 6% en moyenne. Durant cette phase, l’investissement public a été le moteur de la croissance. Mais pour la deuxième phase 2019-2023, le secteur privé national n’entend pas se faire écarter des marchés générés par ces investissements. Les différentes organisations patronales du privé national l’ont exprimé hier au cours d’une rencontre d’échanges à l’initiative de la Direction générale de la planification et des politiques économiques (Dgppe). Selon le représentant du Conseil national du patronat (Cnp), M. Alioune Ba, la deuxième phase du Pse doit donner plus de places au privé national. «Nous avons demandé aux autorités de mettre l’accent pour la seconde phase sur le secteur privé national qui est là et qui a déjà démontré sa capacité financière et technique. C’est important que nous puissions mieux nous sentir dans les projets du Pse qui vont être déroulés», explique-t-il.
Alla Dieng de l’Unacois Yessal va plus loin, en pointant du doigt la mainmise des entreprises étrangères sur les chantiers du Pse. «Le secteur privé n’est pas content. Il a été impliqué au démarrage, mais lors de la mise en œuvre, des entreprises sénégalaises ont été laissées en rade», se désole M. Dieng. Il va plus loin encore en précisant que le privé national ne manque pas de moyens pour relever ces défis. «Nous voulons montrer aux autorités qu’il y a des acteurs qui sont prêts à relever les défis. Qu’on ne nous minimise pas. On donne beaucoup de marchés aux étrangers, mais il peut y avoir des partenariats avec des entreprises locales», propose-t-il.
Dans la réalisation des chantiers du Pse, les sociétés étrangères sont en ligne de pont. Exception notable, le Train express régional (Ter) pour lequel des entreprises sénégalaises sont sous-traitantes dans 4 des 5 lots du projet. «Maintenant, la première option du Pse, c’est la transformation structurelle de l’économie et nous, en tant qu’entreprise évoluant principalement dans l’informel, nous pensons qu’il y a encore des marchés qui nous échappent. Ce n’est pas parce que nous n’avons pas les moyens, parce que nous avons tissé des partenariats avec des hommes d’affaires étrangers, mais je pense qu’il y aura des rectifications», souligne M. Dieng.

Croissance inclusive
Pour cette deuxième phase du Pse, les autorités misent sur l’investissement privé. Et selon le coordonnateur de Direction générale de la planification et des études économiques (Dgppe), Mayacine Camara, le privé sénégalais est la clé de l’efficacité de la croissance. «Nous parlons d’efficacité, mais tant qu’on n’arrive pas à faire de l’investissement public un levier pour le privé national, nous aurons encore des problèmes d’efficacité», a souligné M. Camara.
L’atelier d’hier était ainsi, un moment d’échanges avec le secteur privé pour partager le rapport diagnostic mais aussi, recueillir les recommandations des différentes parties prenantes pour mieux orienter le Plan d’actions prioritaires.
«C’est la raison pour laquelle, nous les avons invités pour discuter des bonnes initiatives et orientations que l’Etat et l’investissement public doivent prendre pour que notre économie puissent être portée par le secteur privé, faire une croissance portée par l’investissement privé, petites et grandes entreprises confondues. C’est seulement de cette façon que l’on peut parler de croissance partagée», estime M. Camara. Le coordonnateur de la Dgppe se réjouit des résultats obtenus dans la première phase du Pse, plus de 6% de croissance. Mais constate-t-il, le problème majeur auquel le Pse est confronté, c’est l’inclusivité de la croissance. «Nous voulons aller vers une croissance partagée. C’est le moment d’impliquer effectivement le secteur privé. Nous avons besoin d’un secteur privé qui participe pleinement à la croissance économique et, l’Etat a la responsabilité de l’y impliquer», assure M. Camara.
Après le secteur privé, la Dgppe va également se concerter avec les élus locaux, les universités et centres de recherche ainsi que la Société civile.
mamewoury@lequotidien.sn

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