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Le-directeur de la division Afrique au milieu

(Envoyé spécial en Israël) – L’Afrique est toujours un continent très convoité. Plusieurs pays de par le monde, ne cachent plus leur intérêt à établir une collaboration étroite et «gagnant-gagnant» avec «ce continent d’avenir». C’est dans cette perspective qu’Israël essaie de mieux se faire connaitre afin d’apporter sa contribution au développement des pays d’Afrique. L’Etat hébreu a offert un séjour d’une semaine à des représentants de médias d’Afrique de l’Ouest, pour leur permettre de découvrir Jérusalem, Safed, la Galilée…, la frontière du Liban, mais également Tel Aviv. C’est également, surtout, une opportunité pour échanger avec diverses autorités israéliennes sur l’état des relations bilatérales et sur l’interminable conflit israélo-palestinien.

Yoram Elron, le directeur de la division Afrique au ministère israélien des Affaires étrangères, est très clair et sans circonvolutions diplomatiques, quand il s’agit de montrer l’intérêt de son pays envers le continent africain. «Nous attachons beaucoup d’importance à nos rapports avec l’Afrique. Le Premier ministre Netanyahou l’a dernièrement dit au cours de sa visite en Afrique de l’Est : «Israël revient en Afrique parce que Israël a besoin de l’Afrique, mais aussi l’Afrique a besoin d’Israël». Il ne faut pas s’en cacher, Israël a d’ailleurs une longue tradition d’histoire avec l’Afrique de manière générale» Une douzaine de journalistes venus d’Afrique subsaharienne sont à Jérusalem dans le cadre du programme «Connaître Israël». Cette initiative du ministère israélien des Affaires étrangères est une opportunité pour les autorités pour communiquer sur l’importance pour Israël de renforcer sa coopération avec les pays africains. M. Emmanuel Nahshon, porte-parole du ministère des Affaires étrangères de l’Etat d’Israël, s’est vanté de ce que son pays, «a depuis belle lurette reconnu l’Indépendance des pays africains, mais surtout, il n’a ni dette, ni passé colonial sur le continent». Il a expliqué : «Nous venons en Afrique les mains propres», en guise de justification du regain d’intérêt qui pousse l’Etat hébreu à compter sur le continent 10 ambassades sur les 27 qu’il a ouvertes à travers le monde. Même si, pour son collègue Yoram Elron, «10 ambassades pour 47 pays d’Afrique, c’est une frustration. Et nous voulons bien améliorer cette situation en agrandissant cette coopération. Mais pour le moment, nous sommes confrontés à une question de budget», a-t-il expliqué.
Au cours des deux premières rencontres qu’il a tenues avec ses hôtes africains, M. Emmanuel Nahshon, porte-parole du ministère des Affaires étrangères de l’Etat d’Israël, a surtout justifié le regain d’intérêt de son pays en direction du continent noir, par le fait qu’il existe «une véritable histoire d’amour entre l’Afrique et Israël. Même si cette histoire a connu des bas dans les années 70». Néanmoins, «en redynamisant notre coopération dans les pays d’Afrique, nous retrouvons de vieux amis. Nous revenons avec beaucoup d’espoir en Afrique, terre amicale et accueillante pour plusieurs raisons», a-t-il dit, rappelant que les pays d’Afrique, comme Israël, sont confrontés à un défi majeur qui est l’insécurité. «Face à Boko Haram et à la montée islamiste, surtout l’Islam radial et le terrorisme, nous devons absolument nous aider mutuellement. Nous devons ensemble faire face à ces dangers. Et, aujourd’hui, Israël est le pays qui peut réellement faire face à cette situation grâce à notre expertise. C’est cela que nous apportons à l’Afrique», a mentionné M. Nahshon. Mais pas que ça. Outre le défi sécuritaire, l’autre raison qui pousse son pays à réchauffer ou entamer (Ndlr, c’est selon) la coopération avec les pays d’Afrique, est d’ordre économique. «Ce retour vigoureux et énergique d’Israël est aussi dû au fait que l’Afrique est le continent d’avenir» a-t-il constaté. Et son collègue Yoram Elron d’indiquer qu’«aujourd’hui, 25% d’hommes d’affaires Israéliens, voient leur futur en affaires sur le continent africain ». «Nous suivons le développement très positif du continent et c’est pourquoi, dans les pays que nous couvrons en termes de coopération, nous sommes impliqués dans divers projets», a-t-il ajouté avant de détailler ces projets qui concernent notamment l’agriculture, la santé et l’éducation.

Un besoin de soutien sur l’international
A toutes ces raisons qui expliquent le retour en force de la coopération bilatérale entre Israël et les pays d’Afrique de l’Ouest notamment, il faudrait ajouter le fait que sur le plan politique, Israël a besoin «d’amis en Afrique» pour soutenir ses initiatives, notamment sur le plan international. «Nous devons tisser des relations pour faire face aux décisions dans les instances internationales», a précisé Amir Weissbrod, directeur de la division de recherche du Moyen Orient. Pour ce dernier, comme pour M. Elron, il est impératif de rétablir de bonnes relations avec l’Union africaine. «Désormais, la manière dont nous nous positionnons en Afrique est importante. Car, il s’agit pour nous de faire de la diplomatie publique, qui implique les médias, mais aussi la culture… Tout cela participe de la manière dont nous aimerions que Israël soit perçu», a insisté le porte-parole du ministère israélien des affaires étrangères, Emmanuel Nahshon. «Pour beaucoup, Israël est un pays de conflit. Or, il y a de bonnes choses à montrer et à partager avec le monde. Et tout cela fait partie de nos préoccupations», a-t-il conclu. Non sans omettre de signifier que «le sous-sol israélien n’est pas riche, mais nous avons une expertise, un état d’esprit et des solutions à partager avec nos amis..»
Au cours du face à face avec Yoram Elron, le directeur de la division Afrique au ministère israélien des Affaires étrangères, il a annoncé la prochaine tournée du Premier ministre Netanyahou en Afrique de l’Ouest. «Ce sera probablement dans la seconde moitié de l’année prochaine», a-t-il précisé.

arsene@lequotidien.sn

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