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L’échec de la candidature du Pr Abdoulaye Bathily à la présidence de la Commission de l’Union africaine (Ua) est loin de rendre amer le chef de l’Etat sénégalais. Le Président Macky Sall a déclaré hier que son pays «ne garde absolument aucun sentiment amer à l’égard des pays frères et voisins de la Cedeao».

Le chef de l’Etat a encore trouvé hier une tribune pour s’exprimer sur l’échec de la candidature du professeur Abdoulaye Bathily à la présidence de la Commission de l’Union africaine (Ua). Ce dernier avait perdu au troisième tour du scrutin qui a été remporté par le candidat du Tchad. Moussa Faki Mahamat.

«Peut-être que le Sénégal aurait fait la même chose à leur place»
La cérémonie de levée des couleurs – la première de cette année nouvelle – au palais de la République hier a été bien saisie par le Président Macky Sall pour déclarer que «le Sénégal ne garde absolument aucun sentiment amer à l’égard des pays frères et voisins de la Cedeao». Le Président Macky Sall, qui a été moins tranchant que son ministre des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye, qui tenait jeudi dernier un point de presse, a dit comprendre que des pays aient choisi de voter pour d’autres qui ont perdu jusqu’à 100 soldats dans les rangs des contingents que ces derniers avaient envoyés pour épauler leurs propres armées. «Peut-être que le Séné­gal aurait fait la même chose à leur place», ajoutera en substance le chef de l’Etat sénégalais.
Précisant que la candidature du Sénégalais Abdoulaye Bathily était «portée» par la Cedeao, Macky Sall indique : «Si nous n’avions pas le soutien de la Cedeao, nous n’irions pas aux élections. N’eut été la décision de la Cedeao au sommet de Kigali au mois de juillet 2016, cette élection se serait déjà passée. C’est parce que la Cedeao a fait bloc à la demande du Sénégal, cela a permis la reprise du vote au mois de janvier».
Remerciant tous les pays qui ont voulu voter pour le candidat du Sénégal, le président de la République reconnaît néanmoins que ce n’était pas suffisant pour que Bathily soit qualifié après trois tours de vote. «En définitive, chaque pays a la souveraineté de son vote. Chaque pays a aussi des raisons profondes qui peuvent justifier son vote à un moment donné», se con­vainc le Président Sall.
Tout en remerciant tous les pays qui ont voulu voter pour le candidat du Sénégal le chef de l’Etat sénégalais n’a pas manqué de souligner que son pays «prend note de ce qui s’est passé à Addis-Abeba». Avant de suggérer : «Il faut tourner la page. Si notre candidat était jugé sur ses qualités et ses capacités, il n’aurait aucune difficulté. Mais, il ne s’agit pas d’un concours, il s’agit du choix de pays qui sont souverains. Donc, il faut prendre la chose comme telle et tourner la page».
Revenant sur les performances de la diplomatie sénégalaise, le Président Macky Sall est d’avis que celle-ci a fini de montrer «ses lettres de noblesse». Non sans ajouter : «Ce n’est pas parce qu’un candidat n’a pas été retenu dans une élection que cela remet en cause les acquis de notre diplomatie et de nos relations à l’international».

Gambie : Il exprime sa fierté à l’Armée
Sur un autre registre, le premier des Sénégalais a évoqué l’envoi de troupes militaires par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) pour la «restauration de la démocratie» en Gambie. «Nous nous sommes aussi réunis après l’intervention de la Cedeao pour rétablir la démocratie en République sœur de la Gambie. C’est l’occasion en ma qualité de chef suprême des armées d’exprimer toute ma fierté à l’armée nationale», a déclaré le Président Sall.
Macky Sall n’a pas manqué de rappeler les différentes médiations effectuées à l’initiative de la Cedeao et de toutes les bonnes volontés qui ont abouti au règlement de la crise politique gambienne. Assez suffisant, aux yeux de Macky Sall, pour se féliciter de la «lucidité de la Cedeao». Pour le Président sénégalais, «cette volonté de tous les chefs d’Etat a fini par montrer que l’Afrique était assez mature pour prendre en charge ses contradictions et ses problèmes». Ce qui fait, au regard du Président Sall, que «l’Union africaine ne s’est pas trompée en décernant à la Cedeao un trophée de reconnaissance avec la maturité et l’engagement pour lesquels [elle] a pu en interne restaurer la volonté du Peuple gambien.»
Enfin, le chef de l’Etat réitère l’engagement de son pays «à coopérer dans le respect absolu de la souveraineté de la Gambie comme il le fait avec n’importe quel autre pays voisin».

mdiatta@lequotidien.sn

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