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président de l’Observatoire des Pma

Les modèles économiques de l’extérieur proposés n’ont pas réussi depuis les indépendances à faire sortir les Pays les moins avancés (Pma) du sous-développement. C’est le constat fait par certains participants à la consultation régionale de l’Observatoire des Pma. Analysant cette situation, le président de l’Observatoire des Pma, Demba Moussa Dembélé a attiré l’attention sur la nécessité pour l’Afrique de changer de perspectives.

«Pauvreté, conflit dans les Pma de l’Afrique de l’Ouest», c’est l’un des thèmes de la Consultation régionale de l’Observatoire des Pays les moins avancés. Occasion donc de diagnostiquer encore le retard de ces pays.  La plupart des intervenants à cette rencontre s’accordent sur le fait que nos pays sont très dépendants des modèles économiques des institutions comme le Fonds monétaire international (Fmi) et la Banque mondiale qui leur sont proposés. Selon Kabinet Cissé qui faisait un exposé sur ce thème, ces modèles n’ont jamais développé un pays. D’où d’après lui, la nécessité pour les Pma de s’affranchir de ces modèles venus de l’extérieur. Abondant dans le même sens, le président de l’Observatoire des Pma souligne qu’en «2011, la Conférence économique des Nations-Unies pour l’Afrique a publié un rapport qui dit  que depuis l’indépendance, l’Afrique est la seule région du monde à accepter des modèles de l’extérieur tous ont fait faillite avec les conséquences que nous voyons tous les jours». Suffisant donc pour que Demba Moussa Dembélé appelle à un changement de perspectives. D’après lui, au «niveau de certaines institutions du continent, on insiste sur la nécessité pour l’Afrique de définir elle-même son propre chemin vers le développement». «Ces derniers temps la commission économique des Nations-Unies a publié un certain nombre de rapports pour demander aux africains de sortir du modèle qu’on leur a imposé depuis des décennies. Et surtout d’utiliser les ressources naturelles du continent pour construire un modèle d’industrialisation au niveau sous régional et continental», a-t-il fait savoir. Mais pour M. Dembélé, il y a un problème de leadership qui se pose dans ces pays. Selon lui, on a des Présidents qui ne sont pas des leaders à la hauteur des enjeux de nos pays. Dans ce changement de perspectives, l’économiste soutient que la question de leadership reste fondamentale parce que «c’est eux qui signent des accords sans se poser trop de questions sur l’impact que cela peut avoir sur leurs populations». L’autre point soulevé par M. Dembélé, c’est l’hégémonie des entreprises étrangères sur l’économie de ces Pma. Revenant sur les propos du ministre des Affaires étrangères de la France selon lesquels  son pays est le premier investisseur au Sénégal, le président de l’Observatoire des Pma soutient qu’on ne peut pas qualifier une zone de haut risque et venir y investir. «Nous sommes à haut risque mais ils viennent en masse investir chez nous, ils viennent piller, c’est le mot qui convient. Parce que si nous sommes à haut risque, ça fait du bien de venir piller, puisqu’ils vont élever les coûts d’entrée et trouver des justificatifs pour dire  nous sommes obligés de rapatrier les bénéfices (…)», a-t-il analysé.
Parlant du problème de la corruption, M. Dembélé soutient que «le rapport de Thabo Mbeki publié en 2015 pour le compte de la Cea» dit que l’Afrique perd environ 50 milliards chaque année sous forme de flux illicites, les 5% sont  dus à la corruption, les 95% sont liés aux activités de ces multinationales. «On nous fait croire que c’est la corruption qui détruit nos pays alors que c’est eux qui viennent piller et détruire nos pays. Il ne faut pas qu’ils nous formatent à croire tous les mensonges et bêtises qu’ils déversent sur nous. Nous devons déconstruire leurs discours et leurs descriptions», a-t-il soutenu.
dkane@lequotidien.sn

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