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Les propriétaires des écoles Yavuz Selim sont sortis de leur entretien avec le ministre de l’Education nationale très déçus. Ils attendaient l’Etat sur la contre-proposition qu’ils avaient faite au gouvernement : céder les parts des Français à des Sénégalais. Mais contre toute attente, Serigne Mbaye Thiam a encore mis la solution de l’administration provisoire sur la table.

La rencontre de la dernière chance entre la délégation de la société Yavuz Selim Sa et le gouvernement n’a pas tenu toutes ses promesses. «Ça a été un échec», constate Madiambal Diagne, président du Conseil d’administration de Yavuz Selim Sa. La rencontre n’a même pas duré plus de trois minutes. Et pour cause, une volte-face du gouvernement. L’Etat est revenu sur ses engagements et a proposé comme solution de sortie de crise l’administration provisoire. Or, regrette M. Diagne, cette solution de l’Etat avait été rejetée par les propriétaires des écoles Yavuz Selim. Mieux, à la suite de ce refus, l’Etat avait demandé aux propriétaires de ces écoles de faire une contre-proposition. Ces derniers avaient suggéré à l’Etat de «sénégaliser» à 100% la société Yavuz Selim Sa. C’est-à-dire de céder les parts des Français à des Sénégalais. D’ailleurs, souligne le Pca, le ministre de l’Education nationale, à la suite de cette proposition, avait annoncé dans les radios et les journaux que cette solution était en train d’être étudiée par le gouvernement et qu’une solution allait être trouvée. «Il y a cinq jours, l’Etat disait que la proposition était bonne et acceptable. Aujourd’hui, Serigne Mbaye Thiam vient nous dire que l’Etat campe sur sa position et exige l’administration provisoire», annonce M. Diagne.
Une déception pour les propriétaires du groupe scolaire Yavuz Selim, qui étaient venus à la rencontre avec des partenaires sénégalais qui ont fait leurs preuves dans l’éducation et la formation. Il s’agit de Moustapha Sène, homme d’affaires sénégalais, propriétaire d’une raffinerie et d’une centrale solaire. Il est aussi propriétaire d’une structure de formation, selon les explications de M. Diagne, du ministre Moustapha Guirassy, qui est à la base d’une des plus grandes réussites de l’enseignement supérieur avec l’Institut africain de management (Iam), avait également accepté de contribuer à cette opération et de permettre à ce que l’expérience qu’il a engendrée à l’Iam puisse profiter au modèle éducatif de Yavuz Selim, qui a déjà fait ses preuves.
Les responsables des écoles Yavuz Selim ont aussi associé à cette opération certains de leurs membres. Une démarche œcuménique, une démarche de solidarité.

Dans cette histoire, l’Etat n’est jamais libre
Les propriétaires du groupe scolaire Yavuz Selim, très optimismes, avaient déjà fait la transaction avant de rencontrer le ministre de l’Education nationale. «La délégation de ‘’Horizon éducation’’ est en réunion avec l’ambassadeur de la France pour les informer de la nouvelle situation au moment où on parle», fait savoir M. Diagne déçu. Mais relève-t-il, c’était sans compter sur le fait que dans cette histoire, «le gouvernement du Sénégal n’est jamais libre dans ses décisions. Certainement que Ankara a tapé sur la table pour dire : «Je n’accepte pas cette solution.» C’est honteux et lamentable ! Nous le regrettons pour nous-mêmes et notre pays», lâche-t-il furieux.
Les propriétaires des écoles Yavuz Selim, très remontés contre l’Etat du Sénégal, soutiennent qu’aujourd’hui, l’Etat a pris une option très claire. «Il va utiliser la force de l’Etat. C’est-à-dire la voie de fait. Il ne s’agit plus de droit. Vous les avez vus pendant que le dossier était pendant devant la justice, ils ont allégrement envoyé les Forces de l’ordre pour violer le droit de propriété», alerte M. Diagne.
Pourtant, relève le Pca de Yavuz Selim Sa, «dans cette réunion, il y avait parmi les participants quatre magistrats. L’agent judiciaire de l’Etat et les représentants juridiques du Premier ministre et du ministre de l’Intérieur. Je leur ai dit : «Personne d’entre vous ne peut défendre à la face du Sénégal la légalité de ce que vous êtes en train de faire. Mais vous mettez de côté le droit.»».
Il faut rappeler qu’hier lundi, l’agent judiciaire de l’Etat a retiré la procédure de l’Etat. Certai­nement, souligne Madiambal Diagne, c’est pour ne pas que «l’Etat s’embarrasse de procédure judiciaire afin d’agir par la force de police et imposer une solution». Toutefois, Yavuz Selim ne baisse pas les bras. Elle entend se battre devant les juridictions et par les voies de droit. «On verra ce que la justice décidera», soutient-il.

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